« Le projet est dans ses cartons depuis qu’il a été intronisé secrétaire d’Etat aux sports, en octobre 2007. Bernard Laporte souhaite initier la construction, à Colombes (Hauts-de-Seine), d’un centre d’entraînement national dédié aux sports de salle. Cette structure accueillerait les filières jeunes de haut niveau et les stages des équipes de France de basket-ball, handball et volley-ball, à l’image des sites de Clairefontaine pour le football et de Linas-Marcoussis pour le rugby. L’ancien sélectionneur du XV de France réfléchit également à l’édification d’une salle de 15 000 places à 20 000 places, sorte de Palais omnisports de Paris-Bercy moderne, toujours à Colombes. »
C’est pratique d’envisager des projets, en voilà un de nouveau, mais cela n’a pas l’air d’emballer les sports concernés, chacun à ses habitudes en ce qui concerne les préparations des équipes A. Lorsqu’on sait une équipe sénior est toute heureuse d’avoir ses 30 à 40 jours de préparation. Sachant que pour le basket, on est plus tenté de faire des tournées ou des stages à l’étranger pour trouver de l’opposition. Et puis le nombre de jours consacré aux équipes de France n’est pas prêt de décoller, coincés entre les saisons pro européennes et la NBA ou WNBA , à quoi peut servir un tel centre ?, pourquoi le baser à Colombes?, y a t’il un amortissement business derrière, ….
Alors y accueillir les filières jeunes, pourquoi pas !, mais que faire de l’INSEP pour le basket, du CNVB de Montpellier, … ou y a t’il un nouveau projet sur Vincennes, et puis qu’elle utilité de construire une grande salle de 20.000 places, ce ne sont pas les jeunes qui vont jouer à guichet fermé.
Et puis, je croyais qu’il avait déjà un projet de 2eme grande salle à Paris, la Mairie de Paris s’était engagé à bâtir les grandes infrastructures sportives, même s’il n’avait pas obtenu les jeux. Alors celle ci serait la 3eme …..!.
Prenons comme exemple le basket ball, combien de fois l’équipe de France joue dans l’hexagone pour une compétition officielle. Assez peu pour amortir un tel investissement.
Si Bernard Laporte veut rendre service aux 3 sports cités, qu’il puisse débloquer 50% des fonds qu’il imaginait pour consolider les pôles espoirs et les centres de formation labellisés, que l’on puisse envisager la pérenniser la formation à la française.
Et enfin le choix de Colombe ne me semble pas le plus judicieux, à une époque ou les sportifs voyagent de plus en plus et de plus en plus rapidement, sauf si je me trompe, Colombes n’est pas à coté de Roissy ou Orly, voir la gare de Paris gare de Lyon.
Article du Monde du 18/02/08
Bernard Laporte a soumis sa proposition aux fédérations concernées au cours du mois de décembre. Son idée séduit, mais suscite des réserves : « Mutualiser les moyens, notamment les équipes médicales, l’hébergement, la restauration… c’est alléchant. Mais construire suffisamment de terrains couverts de handball, volley et basket serait un investissement très lourd. Rien que pour nous, il faudrait trois terrains de volley côte à côte. Et puis, les cycles des trois sports n’ont rien à voir… », pointe Michel Cogne, directeur technique national (DTN) de la Fédération française de volley-ball. Il s’inquiète aussi pour l’amortissement du gymnase flambant neuf de Montpellier, livré en 2007, où s’entraînent les espoirs masculins. Un investissement de 7 millions d’euros.
Même tonalité du côté de la Fédération française de basket-ball : « Nos sections de haut niveau sont à l’Insep (Institut national du sport et de l’éducation physique, basé dans le bois de Vincennes, à Paris). Nous n’avons pas de besoin particulier, mais nous sommes ouverts à tout projet susceptible de rassembler les énergies », affirme le DTN Jean-Pierre de Vincenzi.
UN PROJET QUI LUI TIENT À CoeUR
La Fédération française de handball semble plus emballée. « Ça tombe bien pour nous, qui avons besoin d’un centre national et d’une grande enceinte. C’est un projet très intéressant dans l’optique de notre candidature à l’organisation de l’Euro 2012. Bien sûr, nous sommes interloqués par l’ampleur du projet », expose le DTN Philippe Bana.
Le centre « BHV » (pour basket-ball, handball, volley-ball) et la grande salle pourraient s’intégrer au vaste projet de rénovation du stade Yves-du-Manoir, à Colombes. Le conseil général des Hauts-de-Seine, propriétaire du site de 24 hectares, envisage déjà d’y construire, à l’horizon 2012, un stade de 20 000 places avec un hôtel trois étoiles intégré. Mais aussi, un stade secondaire de 1 500 places, sept terrains d’entraînements et un pôle de loisirs et de commerce de plus de 45 000 m². « Le projet de Bernard Laporte est une hypothèse parmi d’autres. Les élus n’ont pas encore décidé et plusieurs dossiers sont en cours », indique-t-on au conseil général. Au ministère de la santé, de la jeunesse et des sports, on temporise : « Bernard Laporte et Patrick Devedjian (président du conseil général des Hauts-de-Seine) ont abordé le sujet ensemble. C’est en gestation… »
Bernard Laporte et Nicole Goueta, maire UMP de la ville et vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, ont déjà travaillé ensemble sur le plan de réhabilitation du stade Yves-du-Manoir, où joue le club de rugby du Racing Metro 92 (Pro D2). Bernard Laporte est aussi l’un des principaux actionnaires d’un restaurant-discothèque « Olé Bodega », installé depuis juin 2005 à Colombes.
Pour l’heure, le centre d’entraînement national des sports de salle en est au stade embryonnaire. « Bernard Laporte a demandé aux DTN de réfléchir à un cahier des charges commun. C’est un projet qui lui tient à coeur », affirme Gil Pellan, président de la Fédération française de volley-ball, qui a rencontré le secrétaire d’Etat, le 14 janvier. Les tractations s’accélèrent en ce moment. Courant février, les trois présidents de fédération doivent rencontrer chacun Bernard Laporte et se réunir afin d’étudier sa proposition dans les détails.
Source Le Monde – Guilhem Martin Saint Léon