« Mon objectif : gagner quatre matches sur les cinq prochains » Bertrand Parvaud,
Source LimogesABC.com
interview
Aux deux tiers du championnat de NF1, le Limoges ABC en Limousin doit se placer idéalement dans le virage, avant la dernière ligne droite afin de terminer la saison dans de bonnes conditions. Bertrand Parvaud fait le point sur ces vingt premiers matches et nous indique sa stratégie pour la fin de saison. Paroles de coach …
Un petit bilan d’abord.
Aux 2/3 du championnat, le Limoges ABC pointe à la 11ème place. Vos premières réactions ?
Par rapport à mes objectifs personnels, il manque deux victoires. On est un peu en dessous de ce que je pouvais espérer. Mais il est aussi évident que nous n’avons pas été épargnés depuis le début de saison par les blessures et les absences qui nous ont gravement handicapés. Le bilan aujourd’hui reste donc logique.
Néanmoins, vous n’espériez pas mieux ?
On pouvait effectivement espérer mieux. Une mayonnaise qui tarde un peu à prendre, un rythme à trouver, un recrutement un peu plus adapté, un meilleur rapport entre le collectif et l’individuel pour optimiser l’effectif ! On peut toujours refaire l’histoire mais ce serait aussi remettre en cause plein d’autres choses.
Le niveau de la NF1 vous semble-t-il avoir progressé cette saison ?
A vrai dire, je n’ai pas eu de grosse surprise. Simplement, on a en face de nous des équipes plus complètes. Ca tient principalement à une question d’effectif. L’an dernier, avec une équipe plus complète, on termine 6èmes dans un championnat qui est aussi intéressant. La suprématie dépend au moins autant de la profondeur de l’effectif que de sa qualité.
Quand l’infirmerie se remplit, l’équipe est encore plus fragile…
On est sur la corde raide, toujours. La moindre blessure, la moindre absence nous met dans le rouge. On remarquera d’ailleurs le même phénomène à Nice. Le championnat est très long. Les organismes sont très sollicités, d’autant que nous avons quelques professionnelles mais aussi beaucoup d’étudiantes et ces dernières ont du mal à suivre lorsqu’on les sollicite toute la semaine. La performance devient alors plus difficile.
Quelles sont les notes positives à retenir, sportives ou extra sportives ?
A priori, trois points. Le premier c’est les qualités du groupe. L’équipe se bat, avec ses différences mais en groupe. Toutes les filles se retrouvent vraiment sur le terrain et c’est une bonne chose. Le deuxième atout c’est l’environnement de l’équipe première et la gestion des déplacements. Effectuer cette saison plus de voyages en bus, c’est forcément moins de fatigue et une meilleure récupération. Enfin, le médical, qui est un vrai bonus cette année. L’accumulation de fatigue se cumule sur toute une saison et je crois que nous avons correctement géré les risques. Je pense même que sans cette double gestion du médical et des déplacements, nous rencontrerions aujourd’hui plus de difficultés.
On voit apparaître des jeunes au plus haut niveau, dans l’équipe. Comment se passe leur intégration ?
Très bien. Elle est très intéressante bien sûr pour le Club. Les joueuses concernées ont un bon potentiel. Elles le prouvent tous les week end et elles méritent qu’on leur accorde notre confiance. Mais le challenge est partagé : il faut relier leurs objectifs à ceux du club et il faut investir des deux côtés, en sachant que la formation se conçoit sur le moyen terme et que ces jeunes doivent être encore plus intégrées l’an prochain. Leur exemple doit permettre de développer, au sein du Club, la filière de formation vers le haut niveau, avec la NF3 et les Cadettes France. Sur ce point et pour atteindre les objectifs, il reste une marge de progression, notamment dans les mentalités, que ce soit pour les dirigeants, les parents, les entraîneurs et même les joueuses.
La filière de formation vers le haut niveau n’est donc pas complètement en place ?
La structure est en place ! Mais tout n’est pas fait dans ce sens en interne, notamment dans l’harmonisation technique des équipes. Il reste un travail de fond à réaliser, par exemple en matière de formation de cadres, qui va elle-même découler sur une formation des joueuses, sur la technique individuelle par exemple, sur la maîtrise des fondamentaux. Les joueuses, donc les équipes, manquent aujourd’hui de cohérence technique et tactique et de fondamentaux individuels. Il faut impulser une réflexion en interne sur les contenus. Et faire progresser les mentalités en ce sens.
Les objectifs de fin de saison.
Il reste dix matches de début mars à mi mai avec de gros rendez-vous. Quels sont vos objectifs pour cette fin de championnat ?
D’abord, on coupe en deux ! Les cinq premiers matches sont primordiaux pour assurer notre maintien et pouvoir se positionner pour aller chercher plus haut dans le classement en fin de saison. On doit aujourd’hui se projeter sur ces cinq rencontres, du 1er mars au 5 avril, en restant concentré sur cette période. On doit trouver et adopter un rythme qui nous permette d’être très performant tous les week-end. On ne va pas se relâcher, ni physiquement ni mentalement. Exemple : il n’y aura pas de coupure dans le calendrier pour créer les conditions de l’enchaînement des compétitions.
Avez-vous fixé un objectif sur ces cinq prochains matches ?
Moi j’ai un objectif, c’est d’en gagner quatre ! Nous avons trois matches à domicile et deux matches à l’extérieur. Quatre matches, c’est un objectif tout à fait possible à tenir et on serait alors à douze victoires, le niveau que je pense nécessaire pour assurer le maintien.
Vous allez peut-être aussi gérer des approches individuelles des joueuses, des préparations spécifiques pendant ces quelques semaines ?
L’approche individuelle, nous l’avons mise en place avec Richard et Franck depuis le début de la saison. Mais j’ai souhaité créer un climat de mobilisation sur la période. Au bout de ces cinq matches, nous nous fixerons de nouveaux objectifs. Pour l’instant, il faut créer une ambiance qui ne soit pas pesante, pas stressante et il faut continuer à travailler.
On va assister au retour de Djéné dans l’équipe. Enfin au complet !
Numériquement, on va récupérer une joueuse qui nous a fait défaut depuis trois mois à la suite de sa blessure. Mais il ne faut pas rêver, Djéné ne va pas nous apporter sa pleine mesure tout de suite. Il va falloir recréer avec elle les automatismes de groupe. Elle va nous apporter progressivement de plus en plus de choses mais sûrement pas tout dès ce samedi…
C’est tout le groupe qui a beaucoup souffert de cette longue absence
Oui, cette absence a déséquilibré notre jeu. Si on évoque les statistiques individuelles, on est en creux. Si on évoque la stratégie, on a souffert aussi. Avec une fixation intérieure en moins, nos forces sur les postes extérieurs ne peuvent exprimer leur pleine mesure, on propose à nos adversaires une lecture de jeu très facile ! Dorénavant, ce sera plus difficile pour eux…
Surtout si la Salle Mu’ se transforme en chaudron ! Le public, l’ambiance vous pensez que c’est important pour l’enjeu d’une rencontre ?
On a la chance à Limoges d’avoir un très nombreux public. Je crois pourtant que nous n’en profitons pas assez. Notre public est un public de connaisseur mais il nous faudrait un public de supporter. Il faudrait que notre public se transforme pour transcender tout le monde, sur le parquet et dans la salle. A nous aussi de l’aider peut-être dans cette mutation !
* Le Limoges ABC jouera en cinq matches et successivement, du 1er mars au 5 avril et mis à part Lyon (14ème) qu’il rencontrera en mai, les cinq équipes qui l’encadrent au classement : Le Temple-sur-Lot (9ème), Voiron (13ème), Roche Vendée (10ème), Centre Fédéral (12ème) et Pleyber-Christ (15ème).
Interview : www.limogesabc.com