Quel droit Ă l’information ?

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Toujours autour de la coupe du monde, Ă©vĂ©nement majeur qui rassemblent les peuples, Franck Lagarde fait le point sur le droit Ă l’information sportive.Â

Depuis la première retransmission tĂ©lĂ©visĂ©e de la finale de la Coupe du monde de football en 1938, les droits mĂ©diatiques de cet Ă©vĂ©nement n’ont cessĂ© de croĂ®tre pour atteindre un montant jamais Ă©galĂ© : plus de 1,2 milliard d’euros sur la pĂ©riode 2003-2006. A cela, deux raisons principales : l’immense popularitĂ© de la compĂ©tition (30 milliards de tĂ©lĂ©spectateurs en audience cumulĂ©e pour l’Ă©dition 2002), qui permet aux diffuseurs de maximiser leurs recettes publicitaires, et la multiplication des opĂ©rateurs, avec notamment l’arrivĂ©e sur le marchĂ© des droits sportifs des « nouveaux mĂ©dias » (Internet haut dĂ©bit, tĂ©lĂ©phonie mobile 3G).
Ce marchĂ© lucratif, très largement rĂ©gi par le principe de la libertĂ© contractuelle, doit toutefois composer avec un environnement juridique contraignant et de plus en plus complexe, visant pour l’essentiel Ă prĂ©server le droit du public Ă l’information.
Organisateur et diffuseurs doivent respecter un certain nombre de principes issus du droit communautaire et/ou des droits nationaux, comme le droit pour le public d’accĂ©der, par une diffusion non cryptĂ©e, Ă la retransmission de certains Ă©vĂ©nements sportifs jugĂ©s d’importance majeure. La plupart des pays de l’Union europĂ©enne, dont la France, ont Ă©tabli une liste de ces Ă©vĂ©nements, parmi lesquels figurent les demi-finales et finale du Mondial, ainsi que les matches del’Ă©quipe nationale. Aucun risque, partant de lĂ , de voir les Bleus en exclusivitĂ© sur Canal+. C’est Ă©galement en vertu du droit Ă l’information que la loi française reconnaĂ®t depuis 2003 Ă toute radio le droit de diffuser gratuitement un commentaire d’un Ă©vĂ©nement sportif quand bien mĂŞme les droits audiovisuels de celui-ci ont Ă©tĂ© cĂ©dĂ©s Ă une chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision.
C’est enfin au nom de cette mĂŞme libertĂ© d’informer que la FĂ©dĂ©ration internationale de football (FIFA) a dĂ» assouplir les restrictions qu’elle entendait imposer aux agences de presse quant au nombre de photos de l’Ă©vĂ©nement pouvant ĂŞtre diffusĂ©es sur Internet.

Chronique rĂ©alisĂ©e par le Centre de droit et d’Ă©conomie du sport de Limoges (cdes.fr)
Franck Lagarde
Article paru dans l’Ă©dition du 13.06.06