
JPD n’est autre que Jean Pierre Dusseaulx, un des candidats à la présidence de la FFBB. Voilà dans les quatre candidats déclarés, le deuxième qui se lance dans la course aux propositions techniques, elles ont déjà le mérite d’exister par rapport aux candidatures « politiques » .
Une des premières propositions de JPD est de copier l’existant: le centre fédéral.
Il est vrai que cette structure crée sous le règne de Joè JAUNAY, si je ne fais pas d’erreurs, a pris son envol sous l’ère de JPDV. Un staff complet et des résultats sur les EDF jeunes très bon. Après il est vrai que les générations qui ont fait les beaux jours de l’EDF féminine ont fait leur premiers pas au centre fédéral, tout comme la génération masculine avec la bande à Tony Parker.
Alors avec un petit peu d’analyse pourquoi créer des centres régionaux?
Coté masculin, ils doivent couvrir la tranche 18-22 ans; car n’oublions pas que la maturité chez les garçons est beaucoup plus tardive; mais dans ce cas là, comment faire, quelles compétitions en support? ou les jeunes pourront trouver la proximité de l’exemple du monde professionnel, qu’ils ont la chance de côtoyer au quotidien?.
Coté féminin, pourquoi pas, mais uniquement se ces centres peuvent avoir l’occasion de pouvoir évoluer en NF1, aucun intêret en NF2 puisque les clubs LFB y arrivent actuelement.
Franchement, bravo à JPD qui ne se cache pas, c’est un candidat qui nous permet de connaître une partie de son plan (j’espère qu’il communiquera l’ensemble de son projet 2008-2012), mais une question me vient, qui est le DTN qu’il envisage de mettre en place?
Le projet de JPD
POUR DES CENTRES REGIONAUX DE FORMATION
Par Jean-Pierre Dusseaulx
La formation des joueurs est une tâche essentielle et les clubs s’y attachent avec leurs moyens, leurs expériences et
leurs possibilités en techniciens et en salle. Mais tous doivent répondre à une exigence de qualité afin de permettre à
chacun des joueurs d’atteindre le meilleur niveau possible. Le problème est que ce niveau est très différent selon les
individus ce qui implique une adaptation des responsables techniques afin de suivre les différentes évolutions dans le
groupe. Un travail difficile à effectuer que seule la volonté permet d’accomplir.
Une plus grande sélection des potentiels est également indispensable afin de ne pas freiner la progression des meilleurs.
Ce qui ne veut pas dire abandonner les moins doués, mais seulement différencier les groupes d’une manière plus
importante ce qui peut être effectué à tous les niveaux. Se pose bien sûr le problème des salles, souvent municipales,
qu’il faut partager. Mais il est évident qu’il est préférable de s’entraîner pendant une demi-heure d’une manière intensive
avec des joueurs de même niveau, plutôt que pendant une heure avec un groupe disparate, ce qui tourne vite à la cour
d’école. Un club n’est pas un centré aéré qui occupe les enfants le mercredi après midi.
La question se pose différemment pour le haut niveau. Le sujet n’est pas d’interdire aux clubs d’avoir des centres de
formation officiels. Au contraire. Mais, aujourd’hui, ils ne remplissent pas vraiment leur fonction qui est de former des
joueurs de très bon niveau. C’est vrai, il y a toujours des exceptions. Faut-il mentionner, par exemple, des garçons
comme Alain Koffi ou Nicolas Batum ? Sans remonter à Antoine Rigaudeau ? Mais le nombre de joueurs qui émergent
est très faible par rapport à l’investissement consenti.
Il est vrai que, dans de nombreux cas, les centres de formation des clubs professionnels accueillent des joueurs qui n’ont
pas un niveau d’excellence. Mais il en faut bien dix pour composer une équipe ! Alors arrivent des jeunes garçons, ou
des jeunes filles pour certains clubs, qui ne pourront jamais devenir des joueurs de haut niveau. C’est évidemment
dommageable, surtout que ces adolescents, pleins de fougue et d’espoir, finissent par croire qu’ils feront du basket leur
métier et qu’ils gagneront des millions de dollars comme Tony Parker. La signature, logique, d’une convention de
formation est pour certains l’assurance de devenir un joueur professionnel. Ce n’est évidemment pas le cas, mais
comment empêcher un adolescent de rêver ? Le manque d’homogénéité en âge, en technique et en physique est un
défaut rédhibitoire.
Copier l’INSEP
Nous avons pourtant un exemple parfait de réussite sur le plan de la formation avec le Centre fédéral de l’INSEP qui est
l’émanation de l’idée d’un Directeur Technique National, Joë Jaunay, dans les années 70. Là les meilleurs espoirs
français, garçons et filles, s’entraînent comme des professionnels, avec des techniciens particulièrement compétents,
sans que les études soient négligées puisque pratiquement tous les stagiaires finissent bacheliers, parfois avec mention.
Cette organisation forme depuis de nombreuses années des joueurs de haut niveau, dont plusieurs sont aujourd’hui en
NBA, et permet aux Equipes de France de jeunes de remporter de multiples médailles dans leurs championnats d’Europe
respectifs.
Alors pourquoi ne pas démultiplier cet exemple ? Pourquoi ne pas créer des Centres régionaux sur le même modèle ?
La mise sur pied de six centres régionaux est nécessaire pour couvrir notre pays. Les joueurs sélectionnés par la
Direction Technique Nationale qui y trouveraient place seraient, au départ, d’un niveau un peu inférieur à ceux de
l’INSEP. Mais ils auraient cependant un potentiel important. Il serait alors possible d’avoir des entraîneurs qualifiés, un
suivi médical de premier plan … sans oublier une scolarité adaptée. Engagés dans un championnat national, les joueurs
de ces centres régionaux continueraient d’appartenir à leur club d’origine et y reviendraient à la fin de leur passage dans
le Centre, sauf accord entre le club d’origine, le joueur et le nouveau club.
La création de ces Centres de formation régionaux nécessiterait un investissement financier important. Mais ce serait de
l’argent dépensé utilement. Par ailleurs est-il utopique de penser que les clubs professionnels puissent participer ? Nous
ne le croyons pas, car un tel système leur permettrait de gagner de l’argent ! En effet la moyenne basse du coût d’un
centre de formation dans un club de Pro A est de 300.000 euros, certains atteignant 500.000€. Une participation
financière serait nettement moindre avec une assurance de résultat bien supérieure. Tous les clubs affirment que la
formation est un objectif majeur, ce serait le moment de le démontrer réellement.
Il restera ensuite à trouver de la place pour ces joueurs dans nos championnats d’élite.
C’est une question dont nous reparlerons.