Ex-cadre de la Fédération française de basket-ball, il était le plus ancien entraîneur étranger en Chine, jusqu’à son licenciement le mois dernier.
«J’ai été contacté en 2003 par la fédération chinoise. J’ai passé trois semaines dans le camp des « espoirs olympiques pour 2008″, des jeunes de 18 ans à l’époque. Ils étaient là pour deux ans, sans aucun contact avec leur famille. Pas scolarisés, ils passaient sept jours sur sept à jouer au basket. Au final, aucun ne fait partie de l’équipe…
«Par la suite, j’ai eu le statut de conseiller : je pouvais intervenir dans toutes les équipes sauf l’équipe masculine senior. Je me suis occupé de l’équipe féminine pour les Jeux de 2004. Ç’a été compliqué, il y a eu beaucoup de conflits avec l’entraîneur chinois sur les volumes d’entraînements. Je ne pouvais pas cautionner l’énormité des charges de travail. En Chine, on ne conçoit pas le repos comme faisant partie de la préparation. L’équipe est arrivée épuisée à Athènes et a terminé 9e. L’entraîneur a été démis de ses fonctions [ remplacé par un Australien, ndlr] mais ça change peu.
«Aujourd’hui, trois filles qui auraient dû faire partie de l’équipe des JO sont finies pour le basket à cause de blessures. Et plusieurs vont jouer en dépit de problèmes qui les empêcheraient de jouer dans n’importe quelle équipe. Au-delà de la charge de travail, les athlètes subissent une très forte pression. Chaque semaine, l’équipe a un rendez-vous avec un responsable fédéral. On ne parle pas tactique : on leur répète combien ils sont un rouage important dans la dynamique du pays, qu’ils ne peuvent pas faillir. C’est très lourd.»
Source Libération