OPA de du groupe Lagardère sur le sport parisien

Posté le
team_lagardere1.miniature1

C’est un aticle captée sur le site sport vox, il est signé Henry Moreigne de Clermont Férrand.

Club omnisports parisien et select, le Racing Club de France voit son avenir menacé par les vues du groupe Lagardère sur le sport dans la capitale. En proposant la ville de Paris une redevance 10 fois supérieure celle versée par le RCF, Lagardère a obtenu la concession des installations immobilières de la Croix Catelan dans le bois de Boulogne dont bénéficiait depuis 100 ans le club omnisports. Pas dans un souci humaniste mais bien pour faire de l’argent sur le créneau du sport de haut-niveau.
Le sport Paris ça a un petit goût d’arrangement entre amis. Le groupe Lagardère c’est un géant financier dans des secteurs aussi sensibles que l’armement et les médias. Mieux vaut dès lors être du coté des amis que des ennemis. En capitaliste prudent Arnaud Lagardère, PDG du groupe éponyme, un fou de sport, entretient des relations dans les deux grandes familles politiques dont notamment Nicolas Sarkozy et Bertrand Delanoë. Par amitié et un peu d’intérêt, il participe au comité pour la candidature de Paris l’organisation des Jeux Olympiques de 2012. La candidature tourne au fiasco. Lagardère souhaite toutefois associer son nom celui de la capitale. Si ce n’est pas par les jeux olympiques, ce sera par le sport de haut niveau. Mais, pour cela, il faut du foncier, de l’immobilier. Ce qu’il n’a pas, Lagardère va le prendre chez les autres et les autres, c’est le Racing Club de France.


Plus grand club sportif omnisports européen, fondé il y a 124 ans, le Racing est la fois un club huppé et très select mais aussi un véritable club omnisports présent en banlieue et ouvert tous avec 20 000 membres et 250 licenciés. Cette abondance de licenciés pose d’importants problèmes de financement des 18 sections. Le RCF est exsangue. Il bénéficie pourtant d’une concession immobilière particulièrement intéressante, les installations de la Croix-catelan pour laquelle il acquitte annuellement une redevance de 150 000 € la ville de Paris. Un site exceptionnel de 7 hectares dans le bois de boulogne qui lui permettait de dégager un excédent de plus de 7 millions d’euros réinjectés dans le budget général du club.

Coup de tonnerre. Le 10 juillet le Conseil de la ville de Paris attribue la concession au groupe Lagardère qui offre une redevance 10 fois supérieure. Les conséquences risquent d’être importantes. Le RCF s’apprête licencier une centaine de salariés et suspendre ou restreindre les activités de certaines sections, les moins “rentables” et donc les plus populaires. Lagardère (sous la pression de la mairie?) fait alors une proposition de reprise des sections sportives du Racing et de leurs personnels. Le Comité directeur du club la rejette. Depuis les tentatives de conciliations ont échoué, Lagardère refusant de jouer les philanthropes en injectant de l’argent dans le RCF. Le club sera fixé sur son avenir lor de son assemblée générale de décembre.

L’homme n’en n’est pas son coup d’essai. En juillet 2004 il a obtenu pour 20 ans la prolongation du contrat d’occupation du stade Jean Bouin, troisième stade parisien, et de ses dépendances par l’association Paris-Jean-Bouin-CASG qu’il a opportunément investi. Les infrastructures lui servent de base pour son centre “Team Lagardère”, inauguré par Delanoë en personne le 13 décembre 2005.