L’exit de B Laporte

Posté le
laporte3

C’est un extrait d’un article paru dans le monde qui fait un bilan assez synthétique et complet des actions de Bernard Laporte.

Le cabinet de Roselyne Bachelot exerce une tutelle attentive et s’inquiète régulièrement des incohérences de communication du secrétaire d’Etat. Les conseillers de la ministre suivent même en direct certains dossiers, notamment pendant la présidence française de l’Union européenne. D’autres chantiers sont traités directement à l’Elysée ou à Matignon, comme la question de l’avenir du Grand Prix de France de formule 1. De son côté, le ministre du budget garde la main sur le dossier des paris sportifs, primordial pour le financement du sport français. Flanqué depuis octobre 2008 d’un nouveau directeur des sports, Bertrand Jarrige, appelé dans les couloirs du ministère  » le vice-ministre », Bernard Laporte a aussi vu le dossier de la jeunesse lui être retiré pour être attribué à Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté.

Il a, par ailleurs, rencontré la grogne des présidents des fédérations face à sa réforme du sport de haut niveau.  » Il y a un problème de méthode », lançait fin janvier Henri Sérandour, alors président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), peu satisfait des approximations et de l’absence de concertation autour du projet. Son successeur à la tête du CNOSF, Denis Masseglia, renchérit :  » Le ministère doit comprendre qu’il est hors de question pour nous d’être les simples spectateurs de changements qui nous concernent directement. »

Le litige entre Bernard Laporte et le mouvement sportif français provient en grande partie de la manière dont est menée la réforme des filières du sport de haut niveau, qui s’accompagne notamment de fermetures de centres régionaux d’éducation physique et sportive (Creps). Un chantier compliqué par la fusion en cours des directions départementales, de la jeunesse d’un côté et des sports de l’autre, impulsée par la révision générale des politiques publiques (RGPP).

La précipitation dans laquelle a été lancée la réforme du haut niveau a aussi conduit le cabinet de Bernard Laporte à céder du terrain sous la pression d’élus puissants de la majorité. Ce fut le cas avec la décision de ne pas supprimer le Creps de Vichy, lieu d’élection de Brice Hortefeux, ministre du travail. Le chantier de la réforme du haut niveau a, du coup, pris du retard, à l’image du choix des filières de haut niveau, pourtant indispensable pour la préparation des prochains Jeux olympiques.  » La suppression des aides de l’Etat pour la pratique sportive par les jeunes, la réduction des postes d’éducateurs sportifs, la diminution du nombre de Creps et l’abandon de Pôles espoirs, tout cela dénote un manque de vision globale, lâche Valérie Fourneyron, députée socialiste, spécialiste des questions de sport. Les athlètes de haut niveau ne tombent pas du ciel ! Ils prennent racine dans le sport pour tous. »

Très présent sur les problématiques du sport professionnel, et particulièrement du football, Bernard Laporte l’a été beaucoup moins sur d’autres dossiers chauds, comme celui du dopage, qui fut le cheval de bataille de son prédécesseur, Jean-François Lamour.

Même s’il a été encadré dans ses fonctions de ministre, le secrétaire d’Etat a toujours gardé une liberté de parole, au risque de déraper. En octobre 2008, il a surpris en annonçant qu’il n’était pas le père de l’enfant de Rachida Dati, la garde des sceaux, déclenchant un « cela ne mérite aucun commentaire » glacial de l’intéressée. Un « no comment » lapidaire qui semble aujourd’hui résumer l’opinion d’une partie du mouvement sportif français face à l’action de Bernard Laporte.

Source extrait du monde