L’Europe à Nantes!

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Ligue féminine. Une Olympiade. C’est le laps de temps que s’accorde le club du président Thierry Frère pour exister dans le paysage européen.

Avec ses Déferlantes, Claudie Gallay a connu un succès littéraire spontané. Avec les siennes, puisque les joueuses du NRB portent ce surnom, Thierry Frère entend bien vivre une réussite sportive programmée. Hier, le président du club de Ligue féminine tout frais repêché, a fait part de son plaisir de rempiler au plus haut niveau. Mais il ne veut pas se contenter, à l’avenir, d’un maintien sportif qui aurait toutefois peut-être été possible dès cette année si tous les clubs avaient respecté l’équité sportive», c’est-à-dire n’avaient pas vécu au-dessus de leurs moyens. Il y a 4 ans, on avait fait le pari d’arriver en Ligue féminine, rappelait-il. Notre deuxième pari, c’est maintenant d’aller vers l’Europe, et si possible l’Euroligue, sous une olympiade.S’il s’est beaucoup assagi, Thierry Frère n’ignore pas qu’un fond de réputation mégalomane lui colle encore aux basques. Voilà pourquoi, avec un sourire entendu, il précisa incontinent : C’est une ambition. J’aimerais qu’on ne confonde pas ambition et prétention. L’ambition, c’est sain
Buffard : « Peut-être le seul projet »

Pour réaliser ce dessein, le NRB s’est attaché les services d’un expert. Laurent Buffard, qui a signé un contrat de 3 ans, prendra en effet les rênes d’une équipe professionnelle bâtie en sous-marin, selon l’expression de Simon Guillou, désormais manager général. Le double vainqueur de l »Euroligue avec Valenciennes, plutôt que de repartir à l’étranger (Galatasaray ou Cracovie) après l’expérience Ekaterinbourg a privilégié un projet. Peut-être le seul dans le basket féminin français.
Parti en flèche, le NRB a désormais adopté un rythme de construction raisonnable. Sa bonne santé financière autorise Thierry Frère, en dépit du contexte économique difficile, à envisager de passer dès cette saison, d’un budget de 1million d’€ à 1,1 à 1,2 L’expérimenté Laurent Buffard qui croît à un tassement du système russe » (NDLR : 12 millions de budget pour Ekaterinbourg !), sait néanmoins qu’il faudra au moins doubler l’enveloppe pour tenir le cap fixé. Quand nous avons été championnes d’Europe avec Valenciennes (2002, 2004), nous étions à 2,4M€. Thierry Frère fait tire donc le trait d’union : Le challenge sportif passe par un challenge économique.» Lui ose même parler de 3 M€. Impossible à Nantes? Moi, je ne le pense pas.

La conviction du président, qui parle humilité, comme son coach, s’appuie notamment sur le travail de fond effectué ces dernières années, pour séduire le public et attirer le plus gros sponsor (Suez) du championnat.

Les bases sont saines. Reste à y ajouter des victoires. Sinon, tout cela ne sera que littérature.

P.-Y. A. Source Ouest France