Du suspense, du spectacle, une ambiance exceptionnelle pour une belle victoire face à Naples
Article de Franck Seguin paru dans Nord Eclair du jeudi 17 janvier.
En battant Naples dans la prolongation, les Villeneuvoises se sont offert le droit de rêver aux huitièmes de finale de l’Euroligue. A condition de battre Fenerbahce, mercredi, et d’implorer les cieux pour que Riga perde à Naples…
« Merci Villeneuve ». Les supporters sont restés longtemps à acclamer leurs héroïnes, sur le coup de 22 heures. Personne n’oubliera cette victoire contre Naples (82-79). Surtout, elle leur accorde une semaine de rêve, avec peut-être dès mercredi prochain, un ticket pour les huitièmes de finale de la reine des compétitions européennes. Mais avant toute chose, il va falloir récupérer… Cette avant-dernière soirée d’Euroligue aurait pu être fatale même à Alfred Hitchcock, le spécialiste des films à suspense. Qui sait le stress qu’aurait pu avoir le défunt producteur si dans une autre époque, Fatimatou Sacko, avait tenu l’affiche d’un de ses films ? Hier soir, sur le buzzer, l’intérieure villeneuvoise a redonné vie au Palacium avec un tir à trois points venu d’ailleurs, synonyme de prolongation (73-73). « Je ne sais pas comment je l’ai mis ce panier, avouait-elle après coup. On était en panique ». Et seule l’audace pouvait sortir les Villeneuvoises de l’enfer.
Implorer la Madone
Depuis 25 secondes, Naples était au paradis. Mais l’ESBVA attendait depuis bien longtemps de retourner une telle situation en sa faveur. Après, il ne pouvait plus rien arriver aux filles d’Abdou N’Diaye durant ces cinq minutes de rab. « On a sorti les tripes, poursuit Sacko. C’est important d’avoir su gagner un tel match. Notre jeu a mûri. On avait besoin d’une telle victoire ». Intense et riche en rebondissements. Car Naples ne s’est pas fait sortir aussi facilement. Durant presque 30 minutes, les Italiennes réussissent le match parfait. Cueillies à froid (5-11, 16-23), les Villeneuvoises ont par la suite grignoté leur retard (34-37, 40-41), prenant les commandes de la partie (70-64)… avant de frôler la catastrophe (71-73). Même quand l’espoir était infime, les Nordistes n’ont jamais renoncé. Cela s’appelle du caractère. Et ce renouveau tombe plutôt à pic. « Après quatre défaites de suite », complète Sacko. « On voulait à tout prix renouer avec la victoire. Notre groupe le mérite. Maintenant, on reçoit Clermont samedi, on a une petite revanche à prendre ». Et l’Euroligue avec ce match contre Fenerbahce mercredi prochain ? « On n’y pense pas encore ». Difficile à croire. L’ESBVA pourrait en tout cas écrire la plus belle page de son histoire dans une semaine, en cas de victoire sur les Turques. Hélas, elles n’auront rien dans la facilité. Pour être en huitièmes de finale, elles devront également compter sur une victoire de Naples sur Riga dans le même temps. Deux consignes pour mercredi prochain : gagner et implorer la Madone…