Les forces anti dopage

Posté le

Responsable de la politique antidopage durant la période olympique – de l’ouverture du Village à la cérémonie de clôture -, le Comité international olympique (CIO) entend mener durant les Jeux de Pékin plus de 4550 contrôles, soit un quart de plus qu’à Athènes et surtout 90% de plus qu’à Sydney en 2000.

L’Agence mondiale antidopage (AMA) créée en 1999 par le CIO et co-gérée depuis avec les autorités gouvernementales n’a qu’un rôle d’observateur durant les Jeux. Elle participe également, avec le Comité d’organisation chinois (BOCOG) aux contrôles pré-compétition.

CONTROLES PRE-OLYMPIQUES
Les contrôles inopinés effectués avant la période olympique qui débute le 27 juillet sont cruciaux puisqu’il est avéré que les cures de dopants se font à ces moments, proches des compétitions mais où les sportifs sont encore isolés. Le président du CIO Jacques Rogge, comme celui de l’Agence mondiale antidopage (AMA) John Fahey, ont insisté sur l’importance de cette traque en amont, notamment sur le fait que les athlètes olympiques de quelque pays qu’ils soient doivent être logés à la même enseigne en matière d’obligations. Les contrôles pré-olympiques sont menés par l’AMA et autres organismes antidopage (agences nationales (ONAD), fédérations internationales) grâce aux informations sur leur localisation fournies par les sportifs aux autorités antidopage. Ils peuvent être ciblés sur la base de suspicions.

CONTROLES PRE-COMPETITION
A partir du 27 juillet, date d’ouverture du Village, le CIO prend la responsabilité des contrôles et c’est la liste des produits interdits en compétition qui devient valable. Entre le 27 juillet et l’ouverture des JO, le 8 août, 1300 tests pré-compétition seront menés. Ils peuvent être poursuivis après le 8 pour les sportifs dont les épreuves ne débutent que plus tard. Hors des sites olympiques, le CIO délègue à l’AMA le recueil et l’analyse des échantillon. Sur les sites, au BOCOG.  Le CIO diligente là essentiellement des contrôles ciblés sur la base d’informations transmises par exemple par les fédérations internationales. Le ciblage et le partage des informations sont du ressort de la « task force », cellule opérationnelle sous contrôle du CIO et comprenant également des membres de l’AMA et du BOCOG.

CONTROLES EN COMPETITION
Le CIO contrôle les cinq premiers de chaque épreuve plus deux concurrents tirés au sort. 4550 contrôles sont prévus à Pékin -dont les 1300 pré-compétition-, contre 2360 en 2000 et 3667 quatre ans plus tard à Athènes. Environ 650 de ces tests comprendront la recherche d’EPO (dans l’urine) et près d’un millier seront des tests sanguins, dont 400 incluront la recherche d’hormone de croissance (hGH).

Le laboratoire de Pékin, renforcé pour l’occasion par des directeurs d’autres laboratoires accrédités par l’AMA, rendra les résultats en 24 à 72 heures selon la teneur des analyses.

EN CAS D’INFRACTION
C’est la commission médicale du CIO présidée par Arne Ljungqvist qui gère les résultats. En cas d’infraction, le dossier est transmis à une commission disciplinaire de trois membres qui prend le cas échéant des sanctions immédiates – souvent disqualification et retrait de l’accréditation – validées par la commission exécutive du CIO. Le Tribunal arbitral du sport qui détache un tribunal ad hoc à Pékin peut être alors saisi d’un appel et a 24 heures pour rendre sa décision.

En seconde intention, c’est la fédération internationale concernée qui sanctionne l’athlète d’une suspension éventuelle. A des fins notamment d’analyses rétrospectives, les échantillons olympiques sont conservés durant huit ans, période au delà de laquelle les podiums des Jeux sont définitivement intouchables.

TESTS SANITAIRES
Les quatre fédérations pratiquant traditionnellement les tests d’aptitude, ou tests de santé, sur leurs sportifs (athlétisme, aviron, cyclisme, pentathlon moderne) le feront indépendamment du CIO via des accords signés avec le BOCOG (pour les prélèvements) et le laboratoire de Pékin (pour les analyses). En cas d’anomalie inexpliquée relevée dans les résultats, la fédération fait part de ses doutes au CIO qui peut diligenter des contrôles ciblés sur le sportif concerné.