
Voici un extrait du discours de Rama Yade du 6 octobre sur sa conception du modèle sportif français. Dans la dernière partie de son intervention, elle évoque le problème du statut du sportif de haut niveau. Sa réflexion est très intéressante, si le gouvernement lui permet de mener a bien ce projet, ce sera un bon énorme pour le sport Français.
Rama Yade: « La France veut des médailles, bien sûr. Mais je veux que ceux qui se battent ainsi pour la gloire de notre pays soient mieux respectés par la nation, une fois que le parfum de la gloire s’est dissipé. Il est nécessaire d’améliorer le statut du sportif de haut niveau.
Les sportifs de haut niveau sont, en matière de retraite et de couverture sociale, dans une situation désavantagée par rapport au reste de la population. Il s’agit là d’une injustice que je veux réparer. En effet, pendant que la majorité de la population est en train de préparer sa vie professionnelle, les sportifs de haut niveau sont engagés dans une activité qui nécessite de leur part une totale mobilisation qui ne s’accompagne pas, le plus souvent, de contreparties financières importantes.
Ainsi, sur les 7050 sportifs inscrits sur la liste ministérielle de haut niveau en janvier 2009, 2 500 sportifs de plus de dix-huit ans ne disposaient pas de revenus leur permettant d’être affiliés à une caisse de retraite ou ne percevaient de revenus suffisants pour valider quatre trimestres de cotisation par an.
Ainsi, au cours de la dernière olympiade (2004-2008), moins de 200 sportifs ont pu cotiser par ce moyen à la Caisse nationale d’assurance vieillesse.
Aussi, je souhaiterais renforcer la protection sociale des sportifs de haut niveau en leur permettant notamment de valider quatre trimestres de droits à retraite par an, au moyen de leur affiliation à l’assurance vieillesse du régime général et du versement de cotisations forfaitaires par l’État.
J’ai demandé qu’on évalue le coût d’une telle mesure. J’ai déjà reçu les représentants de la Commission des Athlètes de Haut Niveau du CNOSF pour débattre de ce sujet et leur proposer de collaborer à ce projet ambitieux auquel j’attache une importance particulière.
Voilà. Je n’ai pas tout dit tant il y a de chantiers en cours. Mais je pense que votre patience a des limites. Je ferai de mon mieux, avec humilité et sans présomption mais avec la ferme conviction que le Ministère des sports, ministère très républicain et à visée éducative, peut relever les défis auxquels est confronté le sport français. Bien sûr, je n’ai pas la prétention de le faire seule. Votre soutien et votre coopération seront décisifs. »