Le sport made in Femme

Posté le
basket-paladium

Attractive, c’est le nom de la boutique qui donne envie de se (re)mettre au sport. Le décor évoque celui d’une salle de danse avec du parquet, des barres et des miroirs. La lumière est soignée dans les vastes cabines. Sur les portants, des exclusivités comme la ligne de Stella McCartney pour Adidas et les tenues Repetto. On remarque aussi de jolies pièces Usa pro (une marque anglaise), l’incontournable Nike Women et les ballerines Stanlowa version or ou argent, sur le mur des chaussures qui coulisse comme les armoires des pharmacies !. Ouvert à la mi-août et situé au centre commercial des Halles, en plein cœur de Paris, Attractive propose sur 150 m2 des vêtements et chaussures de grandes marques.

Les enseignes tentent de féminiser leurs produits et certaines marques font même appel à de grands stylistes (ici Stella Mc Cartney pour Adidas).Â

La femme commence seulement à intéresser les enseignes françaises d’articles de sport

« Il y a de plus en plus de femmes qui pratiquent le sport mais les enseignes classiques ne leur offrent que des produits trop basiques ». Nicolas Deconinck est co-gérant d’Attractive, premier magasin de sport multimarques en France à proposer des articles exclusivement pour la femme.

Cette nouvelle enseigne surfe sur une option encore jamais exploitée en France, puisque les grosses enseignes de sport multimarques (Décathlon, Intersport, Go Sport, Sport 2000) ne consacrent qu’un espace restreint aux femmes dans leurs rayons, qui croulent plutôt sous des articles pour hommes.

«Le bilan financier est déjà très encourageant », affirme Nicolas Deconinck, qui table sur un chiffre d’affaires annuel de 5 000 euros le m2 pour ce premier magasin. Un deuxième Attractive devrait ouvrir en septembre 2007 dans le centre de Paris, et à partir de cette date, le rythme de croisière serait de deux ouvertures par an, dans la capitale mais aussi en province.

Jacques Krauze, créateur de l’enseigne de sport Citadium et ancien dirigeant de Go Sport, entend également lancer au printemps 2007 à Paris et en région parisienne « Lilysportive », une enseigne consacrée aux femmes urbaines de 25 à 45 ans.

«Il y a une attente qui n’est pas satisfaite dans la section Femme, notamment avec la mode », estime Jacques Krauze, qui prévoit d’ouvrir des magasins atteignant jusqu’à 600 m2.

Chez Décathlon, premier distributeur et fabricant d’articles de sport en France, il n’est pas question de créer un magasin spécialement pour la femme. En revanche, « nous avons beaucoup investi dans la féminisation des produits depuis 2001. Il ne s’agit plus de proposer des déclinaisons de produits masculins », affirme Frédéric Croccel, son responsable de communication.

Les grands magasins ont aussi commencé à jouer la carte féminine. Les Galeries Lafayette ont ainsi ouvert un espace sport à Paris, où 70% de l’offre cible la femme.

Mais ce marché est encore peu exploité, alors que la demande féminine a évolué ces dernières années avec notamment l’avènement des sports de bien-être répondant davantage à sa demande, comme le yoga ou le pilate, une gymnastique douce. En 2003, elles étaient 64% à pratiquer un sport au moins une fois par an, contre 9% en 1968.

En 2005, la clientèle féminine a représenté 30% du chiffre d’affaires total du marché des articles de sport (matériel, textile et chaussures), soit 2,7 milliards d’euros, selon une étude réalisée par le cabinet Precepta. Un marché dont pourrait profiter la grande distribution, en mal de relais de croissance actuellement, d’autant plus que ce segment est, avec les jeans, le plus dynamique du rayon textile dans les grandes et moyennes surfaces, et que les femmes sont moins sensibles aux marques, souligne Precepta. « Les grandes surfaces pourront se démarquer en développant une offre bon marché composée de produits premiers prix et de marques propres », selon Precepta.

Un marché qui séduit