
Comme attendu, Roselyne Bachelot a été officiellement nommée ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports ce vendredi, au sein du gouvernement de François Fillon. Une nomination étonnante cependant pour cette féministe de 61 ans au parcours pour le moins varié.
Un ministère élargi
Alors que Jean-François Lamour quitte son poste de ministre de la Jeunesse et des Sports pour la future présidence de l’AMA (Agence Mondiale Antidopage), le nom de sa successeur, Roselyne Bachelot, a été dévoilé ce vendredi. Une annonce sans véritable surprise puisque l’ancienne ministre de l’Environnement, proche du nouveau Premier ministre François Fillon, était plus que fortement pressentie pour occuper ce poste au sein d’un gouvernement féminisé et resserré. Resserré car son domaine d’action ne concernera plus uniquement la jeunesse et les sports, mais aussi la santé. Un élargissement non dénué de sens dans un contexte de lutte contre le dopage sans cesse accrue, que la réunion de ses deux portefeuilles ministériels pourrait favoriser et simplifier. Maintenant, si Roselyne Bachelot, de par sa formation de pharmacienne, ne sera pas en terrain inconnu avec le domaine de la santé, son rapport aux sports, lui, prête plus à caution. Même si finalement il s’inscrit dans un parcours pour le moins hors des sentiers battus.
Une «chienne de garde»
Apparu sur le devant de la scène politique en 1995, lorsqu’elle devient porte-parole de Jacques Chirac lors de la campagne présidentielle, Roselyne Bachelot a longtemps fait de la parité hommes-femmes son cheval de bataille, elle qui fut l’une des fondatrices du mouvement «Chiennes de garde» et membre de l’Observatoire de la parité hommes-femmes de 1999 à 2002. Pourtant, à la surprise quasi générale, en 2002, elle est nommée ministre… de l’Ecologie et du Développement durable au sein du gouvernement Raffarin. Habituée des projecteurs depuis qu’elle fut la seule députée de droite à voter en faveur de l’instauration du Pacs en 1999, Roselyne Bachelot y restera deux ans, tout en y faisant preuve d’une discrétion inhabituelle chez elle après une entrée en matière marquée par quelques déclarations maladroites. Dans la foulée, elle devient députée européenne et intègre la commission de l’emploi et des affaires sociales, tout en étant membre suppléant de la commission des affaires étrangères.
Bachelot, la 5e femme
Autant de fonctions dans des domaines différents, auxquels vient donc s’adjoindre aujourd’hui le portefeuille des Sports pour cette supportrice du Paris SG, dont elle n’avait d’ailleurs pas hésité à écorner l’image des dirigeants il y a peu dans les colonnes du Parisien. Elle devient ainsi la 5e femme à occuper ce poste, après Edwige Avice (1981-1983), Frédérique Bredin (1991-1993), Michèle Alliot-Marie (1993-1995) et Marie-George Buffet (1997-2002). Des femmes avec qui elle entretient un point commun : son absence de passé de sportive de haut niveau, qui la distingue d’un Jean-François Lamour ou d’un Guy Drut, pour ne citer que les plus récents. Il lui faudra conquérir une légitimité et une crédibilité qui ne lui semble pas acquise a priori, avec un immense dossier où elle sera très attendue : la lutte contre le dopage.
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Source le figaro