
Au-delà des flonflons et des émois ponctuels de la Coupe du monde, qui s’est tenue à l’automne en France, le rugby a profité des dix dernières années de championnat professionnel pour prendre une place de premier plan sur la scène sportive française. C’est le premier constat de l’enquête présentée, jeudi 13 décembre, par le cabinet de conseil Ineum Consulting, menée avec l’aide de l’agence Sport + Markt. Une bonne base pour continuer à croître dans les années à venir.
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Depuis la création de la Ligue nationale de rugby, en 1998, et la réduction progressive du nombre d’équipes jouant dans le championnat d’élite, le rugby professionnel a poursuivi son développement de manière régulière et relativement saine, dans l’accroissement de son audience et la diversification de ses recettes.
Alors qu’en 2001, la première division de rugby enregistrait une affluence moyenne par match proche de celle de la Pro A de basket et inférieure à celle de la Ligue 2 de football, le succès du ballon ovale a inversé les positions en six ans. Sur la saison 2007, l’affluence moyenne en Top 14 a ainsi été de 10 550 spectateurs, contre 4 433 spectateurs en 2001. Entre 2001 et 2007, le nombre de spectateurs du Top 14 a ainsi crû de 138 %, et celui de la Pro D2 de 306 %.
Et pendant ces cinq années, selon Ineum Consulting, le chiffre d’affaires moyen des clubs du Top 14 a augmenté de 102 % et celui des clubs de Pro D2 de 87 %. Cette progression s’est faite de manière équilibrée, sans dépendance excessive aux droits télévisuels comme c’est le cas pour le football, et avec un poids important des recettes locales (billetterie, sponsors). Une configuration porteuse, même si la situation financière de certains clubs de l’élite reste encore précaire, comme le montrent les rappels à l’ordre de la Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion (DNACG) en début de saison.
Avec cette base forte de développement, le championnat professionnel français prend une place croissante dans le rugby international. Tout comme le championnat anglais, fort de son potentiel économique, il attire un nombre croissant de partenaires commerciaux, mais aussi de joueurs étrangers.
Dans l’hémisphère Sud, les compétitions nationales, avec un nombre plus faible de matches et une concurrence forte d’autres sports, n’ont pas le poids économique du Top 14 ou de la Premiership anglaise. Seules les équipes sud-africaines, néo-zélandaises et australiennes participant au Super 14 peuvent rivaliser financièrement avec les clubs européens, notamment dans le recrutement de joueurs. Ce qui donne à la Ligue un poids politique croissant dans les discussions internationales.
A partir de ces bases, les pistes de développement pour le rugby professionnel français sont multiples. Il lui faut notamment remédier au déséquilibre géographique de la répartition de ses clubs d’élite, aujourd’hui en faveur du sud-ouest de la France. L’agrandissement et l’amélioration de ses stades seront aussi un moyen de continuer à attirer des spectateurs et à augmenter les dépenses de ces derniers les jours de match.
Bertrand d’Armagnac – Le monde
Article paru dans l’édition du 15.12.07.