
Alors que dans toutes les disciplines ont contacte un resserrement de l’élite lié à des contraintes budgétaires, qu’il y a unanimité sur le fait que le sport de haut niveau n’appartient plus au monde rural, Pierre Berbizier, l’entraîneur du métro racing propose de passer le TOP 14 à Top 24.
Dans un entretien accordé à l’humanité, voici quelques extraits de son interview.
j’augmenterais le nombre d’équipes ! Mais avec une organisation différente. Entre le Top 14 et la Pro D2, on compte 30 clubs pros. Ce n’est pas viable économiquement. Et entre les sept derniers du Top 14 et les sept premiers de Pro D2, il n’y a pas une grande différence. Puisque l’on a choisi le professionnalisme, on doit donner aux clubs les moyens de se développer. Il faut chercher l’économie. On n’attire pas les investisseurs en leur proposant la deuxième division, d’autant plus qu’il est très difficile d’en sortir pour atteindre le Top 14. Je proposerais une élite de 24 clubs dans un premier temps, de 22 ensuite, répartie en deux poules. On garde les play-off au bout. Ça permet d’enlever les quatre matchs doublons (championnat-rencontres internationales) qui posent problème. Ça permet aussi de déconcentrer géographiquement le rugby, en renforçant ses bastions actuels, en offrant aussi un ballon d’oxygène à des clubs performants comme La Rochelle ou Oyonnax. Ça donne surtout la possibilité à des bassins économiques importants comme Grenoble, Bordeaux, Lyon ou Marseille et Lille de faire émerger un club viable. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, mais à partir du moment où l’on a choisi le professionnalisme, il faut aller au bout et respecter les règles.
Mais les équipes vedettes ne se rencontreraient plus obligatoirement en championnat…
Cette organisation à 24 permettrait aussi au Stade français et au Racing Métro d’assurer leur place en élite…
Pierre Berbizier. Mais avec Albi et Castres, y a-t-il vraiment deux places en Top 14 pour deux clubs du Tarn ? On ne pose jamais cette question ! On oublie que le plus grand nombre de licenciés se trouvent en Île-de-France. Sans compter l’économie, qui se trouve à Paris. En France, il y a une malhonnêteté car on n’assume pas le professionnalisme. On montre du doigt Jacky Lorenzetti pour ce qu’il fait au Racing. Mais enlevez Guazzini au Stade français, Kampf à Biarritz et Grenoble, Michelin à Clermont, Boudjelal à Toulon, Fabre à Castres, que se passe-t-il ? Ce qu’il se passe à Bourgoin. Martinet parti, le club n’est pas sûr d’être autorisé à jouer le Top 14 en août.
Faut-il instaurer un plafond salarial dans chaque club afin de limiter la valse des transferts à laquelle se livrent justement ces investisseurs et mécènes, notamment Lorenzetti qui a « acheté » Chabal et Nallet pour le Racing ?