Dans une société où l’image est reine, les entreprises s’associent à VA pour capter un peu de son aura. Et vice versa. Il est évidemment question ici de gros sous, mais pas seulement. Le nouveau stade, à l’horizon 2010, devrait permettre au club de franchir un pallier supplémentaire dans le développement de ses partenariats.
PAR SÉBASTIEN CHÉDOZEAU
Une idée fixe derrière ça : offrir aux annonceurs la possibilité d’être vus. Dans la société du tout-image qui est la nôtre, on appelle ça un enjeu stratégique. VA, qui est parvenu à capter 160 partenaires – c’est trois fois plus qu’au moment de l’accession en Ligue 2 –, a peut-être atteint en l’état sa masse critique. « Le but, c’est aussi d’augmenter le nombre d’annonceurs nationaux », une vingtaine à l’heure actuelle, explique Virgile Vandel, responsable partenariat et sponsoring du VAFC. Le club y voit un moyen de valoriser son image, là où les grandes entreprises cherchent à mailler le territoire, à se rendre incontournables. « Le sport, et le football en particulier, est devenu pour elles un vrai support de communication. » C’est moins vrai pour les sociétés d’envergure régionale ou locale. D’abord parce qu’elles ne disposent pas des mêmes moyens – il faut être capable d’investir plus de 100 000 E pour apparaître sur les panneaux d’interviews, devant lesquels entraîneurs et joueurs se plantent pour parler aux caméras de télévision après les matchs. Ensuite parce qu’elles n’ont pas les mêmes attentes : ce qui les attire à Nungesser, c’est aussi la garantie de pouvoir y croiser les partenaires institutionnels (ville, agglo…). Sous le grand chapiteau du VIP Passion, 700 personnes triées sur le volet se croisent les soirs de matchs pour parler foot et affaires. Dans le futur stade, elles seront 2 000, assisteront aux matchs dans des loges, sur de vrais business sits (c’est comme ça qu’on dit dans le marketing), puis pourront papoter sur deux niveaux de réception. De quoi gonfler la manne des partenariats privés et institutionnels, qui pèse près de 6,5 ME à l’heure actuelle.
VA s’est même mis en tête, en lien avec son équipementier, l’Italien Diadora, d’équiper de pied en cap les 263 clubs du district, à qui il propose depuis peu des tarifs défiant toute concurrence. Au-delà de l’aspect économique, l’opportunité de « renforcer les liens (du club) avec le monde amateur » est évidente. Tout comme celle de renvoyer vers l’extérieur l’image d’un club ouvert sur son environnement, absolument pas prisonnier d’une tour d’ivoire. •