
2,9 millions. Le chiffre a fait le tour de la France. Le plus gros budget de la LFB devait engendrer la plus grosse équipe. Le 1 + 1, la célèbre addition des deux budgets de l’USVO et de l’USAPH sera restée un rêve. 2,9 millions, c’est le montant des dépenses. Qui comprennent une quantité de charges importantes, notamment le déficit de l’USVO (180 000 E), les ruptures de contrat (Hervé Coudray, Cédric Binauld et les joueuses), un règlement à l’amiable (Chantelle Anderson) sans compter un contrôle URSSAF et « quelques cadavres sortis des placards de VO » dit-on du côté de Saint-Amand. On arrive à un bon 500 000 E de dépenses liées à la fusion, ce qui remet le budget dans des proportions moins affolantes.
Le problème vient des recettes. La crise est passée par là. « Toutes n’ont pas été honorées », signale le président René Carpentier. La ville de Valenciennes devrait diminuer par deux son apport (200 000 E) et les privés ont aussi eu leurs difficultés. Il en ressort un trou évalué entre 500 000 et 700 000 E selon des sources proches du club. De quoi faire frémir et vite évoquer les risques d’un dépôt de bilan à la fin de la saison. La fusion, qui devait sauver le basket féminin dans le Valenciennois aurait ainsi eu raison de ses deux clubs. « Il y a des gens qui vont vite en besogne, tempère René Carpentier en évitant de donner des chiffres. Notre situation suit la situation ambiante. Il ne faut pas écouter tout ce qui se dit. On a respecté tous nos engagements. Mon rôle est de trouver des solutions et on s’y emploie. Et je ne vois pas pourquoi on n’y arriverait pas. Mais il faut se battre. Il ne s’agit pas d’annoncer de telles choses qui font fuir les gens, mais au contraire de rassembler. S’il y a la volonté de tout le monde, on va s’en sortir. J’ai confiance même si c’est dur. » Alain Bocquet, à l’origine directe de la fusion, stigmatise lui « les devoirs systématiques des sponsors et les droits de ceux qui en bénéficient. Je souhaite que le club perdure dans la région, mais je ne peux pas faire plus financièrement. Mais je ferai tout ce que je peux dans la limite de mes possiblilités. Il y a une remise à plat à faire. Tout le challenge est dans le sportif mais il faudra aussi qu’à côté on se mette tous à tirer dans le même sens. Il ne s’agit pas que tout le monde se retire. » Les problèmes financiers ont cependant empêché de prendre un joker médical pour Kathy Wambe, et gelé la réorganisation de l’équipe envisagée fin décembre (couper trois joueuses et en prendre une). Le club n’a pas pris ce virage important qui aurait pu lui donner une autre allure et une autre dynamique sportives. « Économiquement, ce n’était pas judicieux », appuie René Carpentier.
Mais quand les résultats ne sont pas là, l’entraîneur trinque souvent en premier. Le club a-t-il les moyens de payer les deux ans de contrat de Fabrice Courcier ? Non évidemment. C’est pourtant ce qui se dessine. Laurent Buffard aurait même été sondé. Quant à Marc Silvert, qui avait coûté 150 000 E à VO aux Prudhommes, il garde une bonne cote à Saint-Amand. Il faudra pour cela que le club trouve de l’argent. Beaucoup d’argent, en don ou en prêt. Après ce soir, quinze jours sans championnat se profilent. Ils seront déterminants pour la suite de l’Union, sportivement et financièrement.