
Article très intéressant passé sur Le Progrès, sur les conséquences du DIC sur les 3 grands clubs lyonnais.
Le droit à l’image collective (DIC) prévoit un abattement de 30 % des charges patronales sociales, ce qui permet aux clubs sportifs professionnels de proposer des contrats plus rémunérateurs à leurs joueurs. Prévu pour prendre fin en 2012, ce dispositif est sous les feux de l’actualité depuis l’adoption par l’Assemblée nationale de l’amendement « Le Fur ». Le Sénat se penchera sur la question à compter de lundi, le gouvernement ayant entre-temps donné son feu vert pour une application au 1er juillet 2010 plutôt qu’au 1er janvier.
Pour les clubs du Rhône, la suppression du DIC aurait un impact immédiatement quantifiable. « 6 millions d’euros sur cet exercice pour l’OL sur une masse salariale de 95 millions » annonce Jean-Michel Aulas. « 150 000 euros par exercice » clament de concert Yvan Patet, président du LOU, et Pierre Grall, directeur exécutif de l’Asvel. Soit un peu plus de 4 % de la masse salariale de ces deux clubs.
« C’est l’équivalent du salaire annuel d’un joueur » image Pierre Grall. « C’est une donnée importante quand on cherche un joueur pour pallier une blessure ». « Pour nous, ça équivaut à deux joueurs » ajoute Jean-Michel Aulas. « Lisandro, Cissokho ou Bastos n’auraient pas signé chez nous sans ça ».
« Au Lou, ça représente un contrat que nous n’avons même pas, celui d’un très bon joueur » glisse Yvan Patet. Si la suppression est effective au 1er juillet, « 70 % de nos contrats seront affectés » enchaîne le président du Lou, avec ses 34 joueurs sous contrat. « Et quand on sait qu’il n’y a que des clubs en déficit en ProD2 de rugby, ça veut dire que les actionnaires vont devoir mettre la main à la poche ».
A l’Asvel, Pierre Grall déplore
que l’on pénalise « le développement structurel des clubs. C’est se tromper de cible, il faut travailler dans ce cas sur les gros salaires. Dont ceux des artistes. Là, ça nous remet dans une concurrence encore plus difficile vis-à-vis des autres pays, notamment l’Espagne et la Grèce qui ont des avantages énormes ».
« Le DIC, c’est une aide à l’emploi pour nous, ça permet d’embaucher des joueurs » enchaîne Jean-Michel Aulas.
« Il est indispensable aux clubs pour rester compétitifs. Et c’est d’autant plus intéressant pour l’État que nous pouvons recruter des joueurs à grosses rémunérations, qui payent ensuite l’impôt à plein. Il y a sur ce dossier du populisme et de la démagogie chez certains députés ».
Le président de l’OL est donc monté une nouvelle fois au créneau. « Je suis allé au Sénat jeudi pour rencontrer notamment la présidente de la commission des affaires sociales Muguette Dini. J’ai rappelé que le DIC avait été mis en place en 2004, quand le ministre des Finances s’appelait… Nicolas Sarkozy. On a imaginé une solution qui permette à tout le monde de sortir la tête haute ».
Jean-Michel Aulas est du coup plutôt confiant. « C’est en bonne voie » espère-t-il.