Philippe Bana, président de l’Association des directeurs techniques nationaux, a estimé vendredi que « le sport de haut niveau français (était) sous-alimenté et en danger », expliquant qu’il désirait « tirer la sonnette d’alarme avant les discussions budgétaires en juin-juillet ».
« Il faut convaincre les décideurs publics du fait qu’aujourd’hui, le sport de haut niveau français est sous-alimenté et en danger », a déclaré Philippe Bana qui souligne que les sports « ne représentent que 0,18% du budget de l’Etat ».
« Les autres nations sont en train de monter en calibre et ont toutes mis le turbo tandis que nous sommes parfois à l’essence », a déploré Philippe Bana, également DTN du handball français.
Cette mise en garde intervient alors qu’un « certain nombre de présomptions nous amènent à dire que les moyens (mis à la disposition des fédérations) pourraient être en diminution », a indiqué Claude Fauquet, vice-président de l’Association des DTN.
« Pour moi, il y a une certitude. Le ministre (des Sports) précédent avait fixé un total de 40 médailles à Pékin (pour les JO-2008) et 50 à Londres (pour les JO-2012). 50 médailles à Londres, c’est injouable si l’on reste dans les conditions actuelles », a poursuivi Claude Fauquet, par ailleurs DTN de la natation française.
Philippe Bana s’est déclaré en outre favorable à la naissance de « structures de pilotage du haut niveau qui soient des structures rassemblées, pluri-institutionnelles mais avec un seul interlocuteur ».
Institut de pilotage
« Aider les fédérations doit être la priorité numéro un de tout le monde, de toutes les structures qui aujourd’hui sont en gouvernance éclatée et qui pourraient être en gouvernance rapprochée. On a besoin d’un grand institut national de pilotage qui existe dans toutes les grandes nations du monde mais pas chez nous », a constaté M. Bana.
Convaincu que le sport français doit « faire face à l’évolution du sport mondial », M. Fauquet s’est dit « séduit par l’idée d’une gouvernance partagée », à laquelle pourraient participer « le comité olympique, les collectivités territoriales, l’Etat et pourquoi pas des partenaires privés ».
« L’idée est que tout le monde accepte le fait que de cette instance naissent, par exemple sur une période de trois olympiades, les grandes orientations du sport français », a-t-il expliqué.
M. Bana s’est par ailleurs prononcé en faveur d’une « transformation de l’INSEP », l’Institut national du sport et de l’Education physique.
« Il manque aujourd’hui un grand établissement du sport de haut niveau français emblématique dans le monde entier, capable de faire de la recherche, de la formation, d’accueillir les structures de haut niveau, qui donne une vision au sport de haut niveau de demain. Sur la recherche et l’innovation, on est à un stade zéro », a-t-il critiqué. (AFP)