Le basket sur la voie royale de l’individualisme

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 Voici un article issu du site grand chelem, qui faisait état des gamelles en 2006, prise par les grands états d’amérique dans les compétitions sportives.

Un an aprés, est ce que vous ne trouvez pas une similitude avec ce que rencontre en ce moment le sport Francais, foot, rugby, basket. Lorsque les grands penseurs business sont plongés dans les contrats d’assurance de Boris Diaw, il aurait été tout aussi intéligent d’assurer aussi les fins de match….Â

Voici l’article

Une fois que j’ai fini de vous conseiller la lecture du livre d’Emmanuel Todd : «Après l’empire. Essai sur la décomposition du système américain», que vous dire de très intelligent tennistiquement parlant? Ils sont mal les Yankees, en ce moment, non ? Empêtrés en Irak, emmerdés en Afghanistan, pétrifiés tel deux garçons vachers de Brokeback Mountain face à la menace iranienne, ça c’est pour la politique. Humiliation en basket masculin, gamelle en basket féminin, fessée monumentale en Ryder Cup et nouvelle défaite en demi-finale de Coupe Davis. Vous ne voyez pas le rapport entre tout ça ? Apolline si.

Le problème des Américains et la raison principale pour laquelle ils sont en train de se prendre des grandes tôles autant dans les guerres pour rire que dans les guerres sérieuses, c’est qu’ils la jouent perso. Et ça, dans un monde de réseau et d’entraide comme celui que nous sommes en train de dessiner, ça ne pardonne plus.

De toutes les défaites cuisantes qui viennent de s’abattre sur le sport américain, celle de l’équipe de Coupe Davis parait pourtant la moins grave tant le sort de la rencontre d’Andy Roddick aurait pu basculer en sa faveur et emmener tout le monde vers un 5ème match. Et pourtant elle révèle bien le problème endémique du tennis américain et la raison pour laquelle son équipe n’a plus remporté le Saladier depuis 1995 : son individualisme forcené qui est l’individualisme du sport américain en général. Mais attention le défaut de cette lame de fond n’est pas visible au premier regard. Il est même faux de dire que les équipes américaines manqueraient par exemple de solidarité, d’attachement patriotique ou d’humilité. L’équipe de basket masculine a pris son rôle très au sérieux en répétant ses schémas inlassablement pendant sa période de préparation, la sélection de la Ryder Cup a décidé de voyager ensemble et de venir tôt pour préparer son repérage sur le terrain des hostilités, les Roddick et autre Blakes jouent le jeu de la Coupe Davis à fond et on ne peut pas suspecter leur capitaine Patrick McEnroe de ne pas passer sa journée à essayer de souder le collectif.

Et pourtant ça ne marche pas. Pourtant la cohésion fait toujours défaut à l’arrivée. On sent parfois que c’est fini avant même que ça commence. Alors où se cache le problème ? Justement dans la structure même de l’individualisme, cet endroit où même quand on pense être parvenu à s’en extirper, on y est encore jusqu’au cou. Avez-vous remarqué que les Etats-Unis sont la seule équipe qui depuis les années 90 proposent des paires spécifiques de doubles : ça a commencé avec les Flach-Seguso, ça a continué avec la paire Leach-O’Brien, et ça se joue aujourd’hui avec les Bryan Brothers. Grosso modo ce sont des gars jamais rentrés dans les cent premiers mondiaux mais qui se sont spécialisés dans le business du double – et j’ai bien dit le business du double car c’en est aussi un au regard des efforts de l’ATP pour monter les dotations et essayer de garder cette compétition au cœur du jeu. Or quelque part ce business du double c’est déjà une petite marque d’individualisme à la sauce ricaine. Mais continuons. A la grande époque, vous aviez donc une paire Sampras-Agassi qui était alignable et qui avait quand même de la gueule sur la papier, mais non, vous la gardiez déjà au frais comme les autres paires de stars envisageables désormais. Pourquoi ? Parce que ni Sampras, ni Agassi, ni Courier, ni Roddick, ni Blake n’ont joué ou ne jouent le double en tournois. Et pourquoi donc un tel choix surtout au regard de la volée basse de certains? Parce qu’ils privilégient leur carrière individuelle qui est un plus gros business encore.

Posez-vous alors cette question. Est-ce qu’il est facile de créer une bonne émulation à l’intérieur d’une équipe de Coupe Davis dont la moitié des joueurs ne jouent que les simples sur le circuit et jamais les doubles, et l’autre que des doubles sur le circuit et jamais de simples ? Avec la première moitié dans le Top 10 et l’autre au-delà du Top 100, bon courage à Patrick McEnroe. On rappelle que son grand frère a lâché l’éponge au bout d’un an, fatigué par les équations à quatre inconnues. En face la Russie a simplement mis son quarteron de colonels du Top 25 et s’est ouvert un week-end avec toutes les options de changements possibles. Dimanche, le capitaine Tarpischev sort le lapin Tursunov de son chapeau, comme il avait sorti Youzhny contre Matthieu en 2002, et ça passe à nouveau. De quoi faire réfléchir les Américains tout de même?

Mais ce qui doit surtout les amener à se remettre en question, c’est l’histoire. La dernière fois que les Américains ont régné sur la Coupe Davis, c’était entre 1978 et 1982, soit 4 titres en 5 ans. Le joueur phare de cette époque s’appelait John McEnroe : numéro 1 en simple, numéro 1 en double et une certaine idée du Stars and Stripes chevillée au corps. Rappelons même pour ceux qui ne le savent pas que si John McEnroe n’avait pas eu un tel amour pour cette compétition, la Coupe Davis n’existerait plus aujourd’hui. C’est en tout cas la version des faits défendue par Yannick Noah et auquel Apolline ne pourra qu’adhérer. Hum, Yannick, ton corps…

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