
Jean-François Lamour, Ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative, a remis mercredi les prix du concours national « Femmes et Sport » 2007. L’occasion pour lui, de rappeler à quel point la place des femmes dans le sport s’est développée ces dernières années. Entretien.
La place qu’occupent les femmes dans le monde du sport a beaucoup évolué ces dernières années…
Effectivement, surtout en termes de pratiquantes. En 1968, les femmes n’étaient que 9 % à pratiquer une activité sportive. Aujourd’hui 48 %, c’est un progrès considérable. Mais on a toujours deux tiers de licences qui sont masculines et seulement un tiers féminines. En revanche, la moitié des médailles est obtenue aux Jeux Olympiques grâce aux femmes.
Quels sont les domaines dans lesquels vous rencontrez encore des difficultés ?
Notre plus gros souci se situe surtout au niveau des dirigeants et des dirigeantes. Aujourd’hui, seulement 5 % des présidents, sont des présidentes. A contrario, on est arrivé à obtenir 20 % de membres féminins au sein des comités directeurs. J’ai voulu structurer l’offre, en fixant des objectifs aux fédérations et en leur donnant les moyens de les atteindre. Si on ne les aide pas à avoir une offre spécialisée pour les femmes, on n’avance pas ! On a donc créé 1000 emplois STAPS dans certains domaines. Une partie de ces emplois est uniquement réservée à la pratique féminine. Enfin, nous avons débloqué six millions d’euros cette année sur le dispositif Femmes et Sport.
Les fédérations se féminisent-elles ?
L’ancienne ministre des sports, Marie-George Buffet avait proposé des choses. Mais l’offre n’était pas structurée. On disait aux fédérations : ‘il faut faire’, mais sans trop savoir comment. Depuis cinq ans, j’ai essayé de vraiment structurer l’aide aux clubs et aux fédérations. Celles qui n’ont pas rempli leurs objectifs en 2005 ont été sanctionnées par la direction des sports, en particulier au niveau des conventions d’objectifs. On n’a pas hésité à diminuer très légèrement des conventions d’objectifs de fédérations qui n’avaient fait aucun effort. En même temps, on a incité les autres, en particulier la fédération de handball pour sa candidature à l’organisation des championnats du monde féminin.
Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis à l’époque où vous étiez sportif de haut niveau ?
On a compris qu’il fallait aller chercher les médailles tant chez les garçons que chez les filles. De ce côté-là , je ne pense pas qu’il y ait vraiment de différence flagrante. Nous avons mis en place ce que j’appelle le double projet : sportif et professionnel. On a ouvert de nouvelles formations dans les domaines universitaires, du commerce… qui permettent aux femmes de rester au haut niveau et de poursuivre des études qui déboucheront sur une insertion professionnelle. Avant, il n’y avait que le professorat de gym. Il était très difficile de trouver des formations adaptées. Désormais, les conventions d’insertion professionnelles dispensées par les écoles de commerce, d’ingénieurs et les entreprises, sont destinées tout autant aux hommes qu’aux femmes. Dans ce domaine, l’offre a été renforcée de manière spectaculaire.
Dans quels domaines pouvez-vous encore agir ?
Je reconnais qu’il nous reste à faire un effort en ce qui concerne le nombre de DTN femmes. Au sein des fédérations. Il y en a encore très peu aujourd’hui. Je peux vous citer Brigitte Deydier au judo et Isabelle Gautron pour le triathlon. Deux femmes DTN que j’ai nommées. Il doit y en avoir une ou deux autres dans d’autres sports, mais là , on a effectivement encore du retard à rattraper. L’idée est de favoriser l’émergence d’une génération de cadres techniques qui petit à petit, vont devenir entraîneurs, puis DTN.
Propos recueillis par Viviane de FlersÂ
(Source myfreesport)