
A trois semaines des élections fédérales (le 13 décembre), les opposants à Mainini, le président sortant, se dévoilent au grand jour : Frédéric Jugnet, Bernard Depierre et Jean-Pierre Dusseaulx.
Voici un article de Gilles GAIHIER de l’est républicain, qui donne un éclairage de la province. La guerre de succession est ouverte, mais les grands électeurs ne voient peu être pas d’un très bon œil les grandes manœuvres de certains candidats, dont le projet n’est autre qu’une coquille vide. Ils veulent prendre le trône, en reprochant à YM un manque de démocratie, un objectif de 800.000 licenciés loupé et une équipe de France garçons qui souffre. D’accord mais que proposer ?
Dans la campagne actuelle, on connait la position d’YM ses grands chantiers, sa philosophie, ses continuités et boulversements (gestion EDF masculine par exemple); JPD est le seul des hommes neufs à faire part de quelques propositions, dont une liée à la gestion du personnel FFBB que je trouve intéressante. Mais il y a toujours l’absence de ligne directrice générale, il y a juste sa philosophie (c’est mieux que d’autres candidats).
Mais pour le reste, est ce que l’UMP, le PS, le MODEM, la CGT, la CFDT, …….. ont des propositions concrétes pour le devenir de notre discipline ?
NANCY. – La grogne a gagné du terrain. Alimentée par les mésaventures du basket français incapable de se placer sur l’échiquier international, les gorges chaudes ont monté en volume. Imaginez que l’équipe de France est actuellement en position de manquer le prochain Euro en Pologne (septembre 2009). Du jamais vu depuis 1975.
Si bien que pour la première fois depuis le début de l’ère Mainini (président depuis 1992 ) et De Vincenzi (DTN depuis 1997 ), un vent de contestation souffle sur la Fédération française de basket-ball. Une opposition interne signée d’abord du… secrétaire général de la FFBB depuis 1999, Frédéric Jugnet (57 ans en janvier) qui perturbe aujourd’hui les ambitions d’Yvan Mainini, lequel a clairement déclaré qu’il souhaitait à 64 ans (dans quelques jours) boucler la boucle avec un cinquième mandat (ER du 4 septembre).
On pourrait appeler ça de la trahison. Frédéric Jugnet, proche de François Fillon, actuellement chargé de mission auprès du secrétariat d’Etat aux Sports et futur délégué interministériel aux grands événements sportifs, a évidemment une autre vision de la tournure des événements : « Notre basket mérite mieux et je n’accepte pas la fatalité de nos résultats. Notre échec est insupportable. Les prochaines élections auront lieu le 13 décembre prochain. Et le premier tour qui désignera les 13 femmes et les 22 hommes qui formeront le nouveau comité directeur donnera une tendance. Ensuite, il faudra désigner un président. Et parmi les gens qui risquent fort de former le nouveau comité directeur, certains pensent que je suis capable d’assumer cette responsabilité » déclarait-il dernièrement au journal L’Equipe.
En clair Frédéric Jugnet qui est notamment soutenu par Alain Weisz, ancien entraîneur de l’équipe de France, opposant connu du pouvoir en place et notamment du DTN Jean-Pierre De Vincenzi, n’est pas encore un candidat déclaré mais le sera au moment opportun.
Il attend avec sérénité et dans l’ombre le premier tour des élections sachant que De Vincenzi, lui, va partir, qu’il ne sera pas le DTN du prochain mandat du nouveau président.
Beaucoup lui font porter le chapeau sur les navrantes sorties de l’équipe de France de basket depuis l’Euro 2007 à Madrid et les absences aux Jeux d’Athènes et de Pékin même si la formation française, selon le président Mainini (ER du 4 septembre) est sans doute le numéro un en Europe. Jugnet aurait-il profité de sa position au ministère pour activer le départ de JPDV ? Toujours dans L’Equipe, le secrétaire de la FFBB s’en défend : « Aucun commentaire. Je ne m’en prends pas à une personne mais bien à une politique mise en place. »
Revoilà Bernard Depierre
Mais si on se dirige vers un face à face Mainini – Jugnet, deux autres candidats vont sans doute brouiller les cartes. Bien connu à Besançon, et notamment dans l’entourage du BBCD, un autre candidat s’est manifesté : il s’agit du député UMP de la Côte d’Or et président de la Ligue de Bourgogne Bernard Depierre (63 ans).
Fidèle de la JDA, ancien adjoint au maire chargé des sports de la ville de Dijon, ancien secrétaire général de la LNB pendant dix ans, ancien président de la commission marketing de la FFBB, il a, lui, annoncé son désir d’une autre gouvernance : « Si je suis élu au comité directeur (battu en 2000), je m’afficherai comme opposant à Mainini. Il est temps que le basket sorte la tête de l’eau. Il est aujourd’hui dévoré par le rugby, rejoint par le hand. Il n’y a aucune visibilité de la politique fédérale de haut niveau. Je ne suis pas révolutionnaire, mais il faut que la Fédération s’ouvre à d’autres corporations que les arbitres ou les anciens arbitres ». Proche de Bernard Laporte, président du groupe sport à l’Assemblée Nationale, il aurait été sollicité par de nombreux amis.
Quant à Jean-Pierre Dusseaulx (66 ans), ancien journaliste, puis attaché de la presse de la FFBB, il entre aussi dans le jeu. Dans son projet qu’il a envoyé à toutes les rédactions, il prône une organisation fédérale plus professionnelle : « Il est urgent de rénover et de mettre en place une méthode qui répond aux besoins rencontrés aujourd’hui. D’où l’apport de professionnels compétents qui travailleraient en binôme avec les élus . »
Jean-Pierre Dusseaulx est toutefois isolé et sait qu’il s’attaque à une montagne, les élections étant verrouillées par le système de grands électeurs (délégués des comités départementaux et des ligues régionales).
Jean-Luc Monschau contacté ?
Au centre des débats bien sûr : le poste d’entraîneur de l’équipe de France. Le choix de Michel Gomez a été une lourde erreur. Yvan Mainini, qui s’était pourtant toujours refusé d’aller chercher un entraîneur à l’étranger (ER du 4 septembre), a néanmoins noué des contacts avec Etorre Messina. Contacts qui ont échoué.
Jugnet, lui, est favorable à la nomination d’un entraîneur français en mettant autour de la table des gens qui peuvent apporter un éclairage différent. On parle de Vincent Collet, de Gregor Beugnot, de l’entraîneur du SLUC Jean-Luc Monschau. Mais d’ici là, la FFBB aura un président élu ou réélu…
Gilles GAIHIER