JPD pour un conseil des internationaux

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Contrairement à que pense la majorité des personnes du monde du basket, notre sport ne possède pas une importante antériorité par rapport aux autres disciplines majeures dans notre pays. Il suffit de consulter la presse de la première moitié du 20ème siècle, pour s’en rendre compte. En particulier le football et le rugby jouissent d’une véritable histoire commencée bien avant la fin du 19ème siècle. En France, on ne commence vraiment à parler du basket dans les médias que seulement après la Première Guerre Mondiale, essentiellement du basket masculin  puisque seuls le tennis et le golf font un peu de place à nos compagnes.
La faible présence de nos dirigeants dans les instances sportives du pays, l’absence presque totale des Français du basket dans les organisations internationales, le montrent parfaitement. De la même façon, les joueurs et les joueuses ne sont pas vraiment connus par le grand public. A l’exception bien évidemment de Tony Parker, dont l’histoire fait parler du basket  mais surtout de celui de la NBA.
Nous avons une seule alternative : soit nous ne changeons rien en espérant qu’un miracle surviendra, soit nous prenons le taureau par les cornes pour essayer de renverser le cours des choses. C’est vrai, rien ne prouve qu’il est possible de faire du basket ce que certains ont appelé le sport des années 2000. Un peu imprudemment et en oubliant qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.
Mais cela n’empêche pas qu’il est possible d’essayer, qu’il est du devoir de tous les amoureux du basket de se lancer dans ce qui est un véritable combat. De la base à l’élite.
Pour essayer de renverser cette tendance, à l’heure où la starisation des systèmes sportifs est très importante et ne fera que s’amplifier au cours des prochaines années, il est nécessaire d’utiliser toutes nos ressources et de privilégier les rapports avec ceux qui peuvent faire parler du basket.
A commencer par les joueurs lorsqu’ils sont au sommet de leur art, mais aussi quand ils ont délacé les baskets. Ils ont la reconnaissance du public, ils attirent autour de leur personne et sont les plus aptes à faire ouvrir des portes. Or ils sont pratiquement absents dans les instances dirigeantes du basket français, contrairement à beaucoup d‘autres pays, et personne n’utilise vraiment leur image. C’est une erreur fondamentale que la majorité des autres sports ne commet pas. Dans de très nombreuses fédérations les anciens joueurs sont au pouvoir ou occupent des rôles déterminants dans la direction de leur discipline. Ainsi à la Fédération de judo , jujitsu, Kendo et disciplines associées, tous les délégués à l’Assemblée Générale doivent être ceinture noire et des postes pour les haut gradés sont réservés au Comité Directeur.
Attention les joueurs ont également leur responsabilité dans l’affaire. Nombreux sont ceux qui refusent tout engagement ou qui y mettent des conditions impossibles à accepter, oubliant qu’ils devraient rendre un peu au basket ce que ce sport leur a donné. Mais la vraie question est de savoir pourquoi  les joueurs de basket de haut niveau n’ont pas envie  d’offrir un peu de leur temps, alors que les rugbymen, par exemple, le font sans problème ?  Il n’est sans doute par inutile de savoir que sur les 23 femmes candidates au prochain Comité Directeur de la FFBB, on ne trouve que trois anciennes internationales et que sur les 50 candidats masculins, il n’y a également que trois personnes ayant porté le maillot de l’Equipe de France.
Généralement les joueurs répondent à cette interrogation en disant qu’ils ne ressentent pas la moindre reconnaissance de la part des instances dirigeantes … qui se méfient toujours du contre pouvoir que ces joueurs peuvent indirectement représenter et d’une image auprès du public bien supérieure à la leur.
Ne nous faites pas dire qu’il faut que le Comité Directeur soit composé uniquement d’anciens internationaux  Tout le monde sait que sans le travail souvent anonyme des dirigeants de l’ombre, la Fédération ne peut pas se développer. Mais là nous parlons de l’image du basket et de sa promotion auprès du grand public.
C’est une situation qu’il faut donc changer le plus vite possible, si nous voulons que le basket retrouve une place enviable dans le paysage sportif de notre pays. Ce n’est pas la seule, loin s’en faut. Mais elle ne manque pas d’importance.
Il est aussi dommage de se priver de leur expérience du terrain. Car ils sont quand même les mieux placés pour connaître les impératifs du haut niveau et il serait profitable de leur demander, réellement, leur avis sur les sujets qui touchent directement les joueurs.
Alors un « conseil des anciens internationaux » ? Cela semble évident.