De nouvelles ambitions en russie

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La Voix du Nord – 20/02/2007Â

BASKET-BALL
Laurent Buffard va quitter l’USVO pour le club russe d’Ekaterinbourg
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On sentait bien que sa huitième saison serait sa dernière à l’USVO. Laurent Buffard n’ira pas au terme de son contrat. À la fin de cet exercice, l’entraîneur double champion d’Europe quittera Valenciennes pour le club russe d’Ekaterinbourg.


PAR SANDRINE ARRESTIER

Il y a trois ans, en 2004, dans la foulée du deuxième titre européen de l’USVO, il avait repoussé une première offre d’Ekaterinbourg. Cette fois, Laurent Buffard a cédé aux sirènes de l’Oural. Faisant valoir la clause libératoire qui l’autorise à partir avant le terme de son contrat de trois ans, en juin 2009, il vient de s’engager pour deux saisons avec le club actuel d’Audrey Sauret. Â

L’entraîneur sera accompagné dans son grand voyage russe de Jacky Moreau, son adjoint depuis sept ans à VO, beau-frère complice avec lequel il forme un duo complémentaire. « Je ne serais jamais parti seul », avoue souvent le coach, qui va, pour le coup, se mettre sérieusement à l’anglais.

Un club en chantier

La séduction russe a encore frappé. Dans le basket féminin, l’argent de ces clubs inonde le marché depuis trois ou quatre saisons. Moyens incomparables. « On parle de 7 ME de budget ! », lâche Christian Lecoq, le président valenciennois à qui son coach a appris la nouvelle hier matin. 6,5 M€ exactement, soit plus du triple de celui de Valenciennes (2 M€) qui reste le plus élevé de France, et un avion privé pour les déplacements… Au-delà d’un salaire sans doute multiplié par cinq, l’offre ne se refuse pas. Avec une telle enveloppe, l’entraîneur, qui a érigé la culture de la gagne en devise, va pouvoir bâtir une équipe de rêve, carrossée pour le titre européen. Ce qu’il ne pouvait plus faire à Valenciennes, concurrence… russe oblige.
Ce contexte nouveau irritait d’ailleurs un coach dont les ambitions se sont régulièrement frottées cette saison à la direction tricéphale du club.

Divergences de points de vue, de projets.

À 43 ans, c’est un vrai challenge sportif qui s’offre à lui. « C’est vraiment une opportunité, je comprends qu’il la saisisse, reconnaît son président. C’est un sportif avant tout. Ce qu’il veut, c’est gagner des titres. Et, à un moment, les coachs aussi font une carrière, ils font des choix. Depuis huit ans, on a tout gagné, on a eu un parcours exceptionnel, on a construit un club mais il y a désormais une concurrence à laquelle on a beaucoup de mal à répondre. Honnêtement, je m’y attendais un peu. » L’USVO, qui reste sur une saison sans titre, est désormais à la croisée des chemins, avec un défi à relever. En quelques semaines, il lui faut remplacer un coach historique et charismatique, celui qui, depuis 1999, lui a amené ses titres ; celui qui, au titre de manageur général, l’a structurée, du sol au plafond, avec Francis Decourrière, désormais président du VAFC.
« Je lui suis d’une reconnaissance énorme, commente Christian Lecoq. Mais les fondations de l’USVO sont solides. De grandes joueuses sont parties, Francis aussi, Maintenant, on va réfléchir à comment passer à l’étape supérieure. La volonté est de continuer, l’ambition de rester au plus haut niveau, Et on pourra compter sur Laurent. » Après huit années, c’est un cycle qui va s’achever, une vraie page qui se tourne. La saison, elle continue. Après un point presse, aujourd’hui à 17 h, l’équipe reprendra son chemin. Laurent Buffard haïssant la défaite, on l’imagine mal lâcher prise : « Laurent, confirme le président, ne veut pas partir comme on a fini la saison dernière. » Sans derniers trophées nationaux à accrocher à un palmarès fabuleux (1).
1. – Deux Euroligue (2002, 2004), deux fois vice-champion d’Europe (2001, 2003), 5 titres de champion de France (2001 à 2005), 4 Coupes (2001 à 2004), 4 tournois de la Fédération (2002 à 2005).
Source: la voix des sports Sandrine Arestier