Caro par la grande porte

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AIX EN PROVENCE – MONDEVILLE 27/01/2008

Aubert : « Mondeville a besoin de gagner, moi aussi »

Ligue féminine. Aix – Mondeville . La meneuse livre son dernier match avec Mondeville, avant d’émigrer en Russie. Elle veut boucler ses cinq années normandes par un succès.

Ce sera votre dernier match avec l’Usom. Qu’en espérez-vous ?

Une victoire. L’équipe en a besoin, moi aussi. Je ne peux pas garantir que nous y arriverons, mais je peux vous dire que je ferai tout pour, comme mercredi dernier. Dès le départ, j’avais annoncé à Ekaterinburg que je resterais pour cette rencontre.

Pensez-vous que votre départ placera Mondeville dans la difficulté ?

Sans doute oui. Mais Dabovic, ma remplaçante, est une bonne joueuse. Je sais que j’étais un élément majeur, une leader, mais il sera important pour mes coéquipières de prouver que jouer sans moi est possible. Elles sont grandes, et ne vont pas s’apitoyer sur leur sort. Le top 4 est très largement jouable, et j’aimerais bien revenir les voir en finale du championnat.

Qu’est-ce qui vous a poussée à partir ?

Ekaterinburg, c’est le plus beau challenge dont je pouvais rêver. Je peux gagner l’Euroligue cette saison. Sans cela, je ne serais pas partie. Je ne serais pas allée dans un autre club pour l’argent. J’arrive à 27 ans, j’ai je pense tout prouvé ici, il est temps de penser à gagner quelque chose.

« J’ai regretté de ne pas être partie »

Ce n’était pas possible à Mondeville ?

Je ne sais pas. Il y a encore Bourges, qui semble au dessus. J’ai déjà failli partir l’été dernier, et je ne l’ai pas fait. En début de saison, j’avoue, je l’ai un peu regretté. Je n’avais pas envie de regretter une fois de plus, avec cette occasion qui s’est présentée. Car je n’étais pas sur le marché. Mais la perspective de partir trois mois et demi, avec un coach français, m’a convaincue. Tout le monde ici, le président, le coach, m’a laissée libre. C’est aussi parce qu’ils pensaient que c’était le moment pour moi. S’ils m’avaient dit non, je ne leur en aurais pas voulu.

Vous quittez un club dont vous étiez la petite star, vous allez débarquer au milieu de grandes stars. Cela vous inquiète-t-il ?

Je vais devoir franchir un cap, oui. M’imposer dans une grande équipe. C’est un risque, mais j’ai déjà côtoyé ces filles au All Star game. Il y a un an, je me serais peut-être demandé si j’appartenais au même monde que les Taylor, Gruda, Bibrzycka… Aujourd’hui je pense que oui, car on est venu me chercher. Je resterai humble, mais confiante en ma valeur.

La concurrence avec Harrower, championne du monde, ne vous effraye pas ?

Non. C’est une joueuse qui selon ses coaches est un peu en difficulté, mais elle peut se réveiller à tout moment, car c’est une très grande basketteuse. J’aurai ma chance, à moi de la saisir, même si cela peut très mal se passer.

Vous reverra-t-on sous le maillot mondevillais ?

Je ne sais pas. J’ai une option pour une année supplémentaire à Ekaterinburg, mais il faut que je m’y plaise, que mon mari (NDLR : Cyrille Aubert, manager général de Mondeville) accepte de me suivre. On verra, chaque chose en son temps. Mais Mondeville est mon club de coeur.

Quelles images garderez-vous de vos cinq années normandes ?

Les premiers matches, difficiles. Ce n’est pas venu tout de suite, et j’ai trouvé mon équilibre en rencontrant mon mari. Je me souviens aussi de la ola avec le public pour la 1e qualification en Euroligue, ma rencontre avec Grace Daley. Et la saison 2005-2006, qui fut un terrible gâchis. Nous pouvions être championnes de France.

Recueilli par Dominique FAURIE.

Ouest-France