Bourges Champion, avec opposition

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Longtemps mené, Bourges a su se révolter dans le sillage de Petrovic pour décrocher son huitième titre de champion de France en treize ans.

Le coup était passé près pour Sandra Dijon et son équipe, mercredi dans l’Hérault (56-58 après prolongation) et forcément, cela leur avait donné des idées. Des idées pour contraindre l’ogre berruyer à une belle par exemple. En donnant tout ce qu’elles avaient dans le ventre. En mettant un impact physique maximum dans toutes leurs actions, sachant que les Berruyères sont rarement à l’aise face à un adversaire jouant dur, pour ne pas dire à la limite. Surtout si, comme mercredi dernier, les arbitres sont trop permissifs.
Il ne fallait donc pas s’étonner de voir les Montpelliéraines lâcher les chevaux d’entrée. Mais en ce début de match, Bourges avait quand même à c?ur de montrer qui est le patron : 5-2 (2e) grâce à Miyem, servie à la perfection par Belinda Snell. Mais sous la pression héraultaise, la machine berruyère ne tardait pas à perdre ses marques en attaque. Certes, le BLMA avait tiré le rideau de fer en défense à l’image de Daley, véritable sangsue sur Snell, rendant tous les shoots berruyers difficiles; il n’empêche! Le Bourges Basket allait payer un lourd tribut à une incroyable maladresse, bouclant le premier quart-temps avec un pitoyable 4 sur 17 aux tirs. Et pourtant, les Tango ne manquaient pas de munitions, réussissant notamment quelques belles interceptions en coupant les lignes de passes adverses. À l’opposé, le BLMA jouait plutôt juste en attaque et même sans avoir une adresse exceptionnelle, l’équipe de Demory passait devant sur un ballon volé par Manic: 7-8 (6e).
Bourges mené pendant 23 minutes…
La tête, les Héraultaises allaient la conserver jusqu’à la… 29e minute. Ce qui a semblé bien long au bouillant public du Prado. Pendant tout ce temps, on a vu une équipe berruyère bien fébrile dans ses options offensives et surtout terriblement handicapée par les fautes (11 contre 4 à la 19e). « On a des défenses d’Euroligue mais des arbitres français » résuma ainsi notre confrère Pascal Legendre (Maxi basket)… Et c’est vrai que les Berruyères avaient du mal à contenir des Héraultaises puissantes et agressives, bien peu sanctionnées. Néanmoins, Pierre Vincent, avec un calme incroyable, prenait le temps de recadrer ses joueuses, de les remettre en confiance pour leur permettre de rester dans le match. De 9-13 à la fin du premier quart-temps, les Tango étaient toujours à moins quatre au repos (25-29) grâce à un panier inscrit sur le rebond offensif par Junior Petrovic. Petrovic qui allait d’ailleurs être l’élément moteur de la révolte berruyère en deuxième mi-temps.
Junior sonne la révolte
Et pourtant, Montpellier crut bien avoir fait le plus dur lorsque, sur un shoot primé de Daley, il fit un break de neuf points (25-34 (22e). Les Tango, vexées, retournèrent alors au combat. Avec un c?ur admirable. S’appuyant sur son collectif et une défense exceptionnelle d’intelligence et d’efficacité, Bourges ne laissa plus rien passer ou presque. Un premier 8-0 (33-34) signé Kireta, Ndongue et Dumerc sembla assommer les Montpelliéraines (23e). C’est alors que Pierre Vincent sortit son arme secrète : Sonja Petrovic. Effacée dans l’Hérault, celle qui fut élue joueuse espoir FIBA de l’année, enchaîna alors les prouesses, marquant 12 points à la file. C’est elle qui ramena Bourges en tête à la 29e: 40-39. C’est encore elle qui repoussa Montpellier à six points: 45-39 (32e). Derrière cette Pétro royale, la défense fit le reste, interdisant l’accès au cercle à des Montpelliéraines qui n’avaient plus les jambes du début de match.
Le BLMA dut ainsi se contenter de seize points en deuxième mi-temps, six seulement dans le dernier quart-temps. Une misère…
Un lay-up de Daley (49-45, 38e) ne faisait même pas douter une équipe tango à nouveau sûre d’elle. Un jump shoot de Petrovic (encore elle) et un lancer de Dumerc scellaient la victoire berruyère: 52-45. Une victoire chaudement acquise car Montpellier a été valeureux rival. Mais Bourges, en quête maintenant d’un triplé Tournoi de la Fédération, championnat, coupe de France (finale dimanche prochain à Bercy), reste le  « boss » ! 

Christian Ragot