
Farouche opposant à Yvan Mainini, l’ancien homme fort de la Ligue de Lorraine va pourtant rouler pour le président sortant. Son but ? Faire barrage à Frédéric Jugnet (Source l’Est républicain).
NANCY. – Il avait claqué la porte de la maison fédérale il y a un an et demi en se disant qu’on ne l’y reprendrait plus… Elu deux ans et demi plus tôt au comité directeur d’une fédération dont il avait été le président de la commission nationale des arbitres et de la chambre d’appel, Alain Serri avait rendu son tablier en ne manquant pas une occasion de vilipender les errements du pouvoir en place. «J’étais en total désaccord avec la politique fédérale.», explique l’ancien président de la Ligue de Lorraine (de 1994 à 2008). «Je la trouvais beaucoup trop conservatrice, n’allant pas assez de l’avant, n’arrivant pas à appréhender les sujets de société…».
Alors, quand l’ancien dirigeant lorrain a décidé de «prendre sur lui» pour faire acte de candidature à un siège au comité directeur de la FFBB le mois prochain, on pouvait facilement imaginer que c’était pour marquer sa franche opposition à Yvan Mainini, dont il s’était tant éloigné après avoir semblé si proche. Eh bien, non. Alain Serri roulera pour Yvan Mainini le mois prochain. Pour une surprise…
« Jugnet a sclérosé le système »
« C’est vrai que quand je suis parti il y a un an et demi, on pouvait penser que j’étais contre Mainini» lâche Alain Serri, «mais ce n’est pas lui qui sclérosait le système, il laissait seulement faire. Simplement, comme à mon sens, le président de la fédération est responsable de tout, je le tenais pour responsable de cette situation ».
Bref, à entendre l’ancien homme fort de la Ligue, les coupables des dérives du basket français seraient à chercher ailleurs… Et dans sa ligne de mire, un homme est tout désigné, Frédéric Jugnet, le secrétaire général de la FFBB et candidat probable à la succession de Yvan Mainini. «Il a complètement sclérosé le système depuis huit ans», tacle Alain Serri, « il manoeuvre de manière souterraine pour être président de la fédé, ce que je déplore car on ne doit pas faire de la politique politicienne. Mais s’il était élu en tant que président, il ferait beaucoup de mal à notre sport. »
Hostile à Frédéric Jugnet plus encore qu’à Yvan Mainini, Alain Serri a donc décidé de se ranger derrière le président sortant, lequel aurait compris selon le dirigeant lorrain la «nécessité de changer de cap». Mais pour que ce soutien inattendu pèse dans la bataille pour la présidence, encore faut-il que le dirigeant lorrain soit élu au comité directeur. Ce n’est pas gagné. Mais Alain Serri le sait. «Si je suis battu, mon amour propre prendra une claque», confesse l’ancien président de la Ligue de Lorraine, «mais à un moment donné, l’amour propre passe bien derrière les convictions.»
Quitte à ce que celles d’aujourd’hui prennent le contre-pied de celles d’hier…