Pendant Que Mr Aulas dit qu’il manque de moyens …
Published by Didier mai 9th, 2008 in Foot.
Pour 32 millions de plus
Football . Afin d’être plus concurrentiels sur la scène européenne, les clubs français profitent d’une belle ristourne de charges sociales. Mais ils sont toujours aussi nuls en Coupe d’Europe.
Ne cherchez pas les équipes françaises en Coupe d’Europe. Il n’y en a plus depuis les huitièmes de finale de la Ligue des champions et de la Coupe UEFA. Depuis les quarts, le spectateur français doit s’en remettre aux joueurs tricolores expatriés pour trouver un moyen de s’extasier.
Seul souci : l’aficionado a payé pour voir ses équipes tricolores préférées au sommet du continent. L’aficionado, mais aussi tous les contribuables. Et ça leur coûte de plus en plus cher. Treize millions d’euros en 2005, 21 millions en 2006, 26 millions en 2007 et 32 millions provisionnés pour cette année. La faute à une jolie ristourne fiscale mise en place par Jean-François Lamour au temps de son ministère à la Jeunesse et des Sports. Le droit à l’image collectif (DIC) permet aux clubs de déduire les charges sociales à payer sur 30 % du salaire de leur joueur. L’objectif était de conserver les meilleurs éléments en les payant mieux, sans que les clubs mettent plus la main à la poche. Pour les gros salaires, à plus d’un million d’euros par an, ça peut rapporter jusqu’à cent cinquante mille euros.
LES AMATEURS PAIENT POUR LES PROS
Ce que n’avait pas prévu Lamour, ou peut-être avait-il fait semblant de ne pas le prévoir, c’est l’emballement du mécanisme. Faute d’augmentation significative de son budget, le Secrétariat des sports a dû ponctionner en urgence en janvier sept millions d’euros sur ses autres lignes budgétaires, afin de rembourser la Sécurité sociale de ses charges patronales et salariales non perçues. Le sport amateur a donc été déshabillé au profit des footballeurs professionnels et de quelques basketteurs et rugbymen.
Rapporteur du budget des sports au Sénat, Michel Sergent a mis son nez dans ce « bouclier fiscal sportif ». Les patrons du foot n’ont pas vu venir son rapport. Mais ils sont montés sur leurs grands chevaux lorsqu’ils ont lu ses préconisations, pourtant pas révolutionnaires, non pas la suppression de la ristourne, mais son plafonnement à hauteur de 41 500 euros de salaire mensuel.
Touche pas au grisbi, a répondu Frédéric Thiriez, président de la Ligue de foot : « Le DIC rapporte plus aux finances publiques qu’il ne coûte. Grâce à lui, les clubs payent mieux les joueurs, qui du coup payent plus d’impôts. Il a coûté 47 millions d’euros ? Mais il a rapporté 138 millions… Le foot français dans son ensemble a versé 505 millions d’euros en taxes, charges et impôts en 2006-2007. »
Michel Sergent ne se déballonne pas. « Les budgets de l’État et de la Sécurité sociale sont deux budgets à part. Légalement, on ne peut pas prendre dans l’un pour abonder l’autre. Sur le fond, il faut se demander si le droit à l’image collectif est essentiel à la vie du sport professionnel français. Que représentent ces 32 millions, par rapport aux 660 millions que la Ligue de foot va toucher en droits télé la saison prochaine ? On me dit que le DIC est un moyen pour combler le fossé financier entre les clubs français et anglais, italiens ou espagnols. Le budget du Real de Madrid est de 350 millions d’euros. Celui de l’Olympique lyonnais, premier club français, de 140 millions. Ce n’est pas le DIC qui fait la différence. En revanche, il pèse sur les budgets destinés au sport amateur. »
47 MILLIONS DE BénéFICE
Le sénateur du Pas-de-Calais appelle les patrons du foot français à se battre pour des mesures qui en valent vraiment le coup. Comme l’instauration d’un contrôle de gestion au niveau européen, pour éviter l’endettement faramineux de certains clubs anglais et la distorsion de concurrence. « Je vois aussi avec un grand intérêt la proposition de Sepp Blatter (président de la Fédération internationale de foot - NDLR) d’imposer un quota de six joueurs formés au club sur une équipe de onze. Cela baisserait les charges salariales des clubs. Car financer les salaires des joueurs de foot avec de l’argent public me gène un peu. » En 2006-2007, les écuries françaises ont affiché un bénéfice de 47 millions d’euros. À mettre en rapport avec les 32 millions que le contribuable paye au titre du DIC…
Source L’humanité Stéphane Guérard














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