10 ans que ça dure

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Lisez BIEN cette article, une histoire de PSG. C’est dans le mouvement de l’actualité. Oui à la grande différence qu’on fête le 10 eme anniversaire de cette article. Donc 10 ans d’immobilisme, 10 ans que l’on ne réagit pas à des actes scandaleux de racisme aggravé, 10 ans ou le PSG essaie à la rigueur de maintenir l’ordre dans son stade pour lâcher les fauves dans la rue. 10 ans que canal Plus n’avait pas pris de décision radicale pour que le club soit vendable.
Après la mort d’un homme se trouvant tout prés d’une meute qui courait derrière un homme d’origine juive, voilà que le club n’écope d’aucune sanction, bien au contraire, on va bientôt doubler les effectifs de police. Ce même club est capable dés le lendemain de communiquer sur les mauvais résultats sportifs, en laissant entrevoir la possible coupe de son coach. Ou allons nous ?

NON AU RACISME, NON A CETTE EVOLUTION DU SPORT, LE STADE DOIT ETRE RESTITUE A CEUX QUI SONT DEMANGES PAR LA PASSION.

L’article du 6 mars 1996 passé dans l’humanité

Cinq supporters du PSG ou la haine ordinaire

A les entendre, ils n’ont rien fait. Rien, en tout cas, d’exceptionnel pour des supporters d’une équipe de football. Quoi de plus banal, en effet, que d’accepter de tendre une banderole, dans la tribune d’un stade, le soir où son équipe joue ? Et, le 31 mai 1995, le PSG, dont ils arborent depuis plusieurs années les couleurs, reçoit Le Havre pour le dernier match d’une saison.

Petit rouquin fluet, aux cheveux bien peignés derrière les oreilles, Jean-Philippe Lebrun est, hier, le premier à expliquer qu’en entrant dans le Kop de Boulogne, il a vu le calicot par terre et l’a tendu, sans même prendre le temps de lire ce qu’il y avait dessus. D’après lui, ce n’est que le lendemain qu’il a compris, en lisant la presse, ce qui indignait des milliers de personnes. Sur cette immense banderole à l’adresse de l’avant-centre libérien en partance pour le Milan AC, qui clame : « Weah, on n’a pas besoin de toi ! », il n’aurait pas vu les O en forme de croix celtiques, ni les S reprenant la calligraphie des insignes nazis. Le bras tendu sur la photo qui le conduit devant la justice ne serait pas un salut hitlérien, mais un geste pour demander à ceux qui sont devant de se baisser.

Poursuivis avec quatre autres jeunes supporters du PSG pour incitation à la haine raciale, le jeune pâtissier se défend comme il peut. D’abord en soutenant qu’il n’a pas lu le message. Puis en expliquant qu’il a fait « comme les autres ». « C’est bien ça le drame », plaidera plus tard Me Appietto, représentant de la Fédération française de football, en demandant au tribunal de prendre une sanction qui soit aussi « un avertissement pour tous ceux qui voudraient réutiliser ce genre de procédé ». Pour les avocats de la LICRA, de S.O.S.-Racisme et du MRAP, qui se sont portés parties civiles, le drame, c’est surtout le racisme banal, la haine ordinaire dans ce « territoire à part » qu’est devenu le Kop de Boulogne. Selon l’avocate du PSG, « les soirées de foot qui devraient être des soirées de fête sont gâchées par des manipulateurs qui savent se servir de ces jeunes fragiles ». Comprendre que les vrais responsables ne sont pas là . « Mais contre les manipulateurs, le club ne peut rien faire », assure-t-elle. Il faut donc se contenter de ces cinq jeunes qui n’ont pas l’envergure de meneurs. Et cela fait encore plus peur.

Blondinet potelé dans son sweat-shirt violet, Philippe Lachaud soutient, lui aussi, qu’il n’a pas lu la banderole avant de la tendre. « Mais des insultes racistes, vous en avez déjà entendu dans cette tribune ? », interroge la présidente. « Ben, oui. Parfois, il y en a qui crient « Sale Noir ! » contre d’autres gens qui sont dans d’autres tribunes. » « Pourquoi dans ce cas continuez-vous à aller dans cette tribune où certains défendent des thèses que vous dites ne pas cautionner ? », insiste-t-elle. « Parce que c’est là que je vais depuis des années et qu’à force je m’y suis fait des amis. »

« Mais aucun de vous n’a jamais essayé de leur dire que le foot et le problème du racisme n’ont rien à voir ?, demande la présidente à un autre supporter.

Si, une fois, mais ils m’ont répondu de retourner dans ma cité avec la racaille et de ne plus leur parler, alors je n’ai pas insisté, avoue Fabrice Hubert.

Maintenant que vous savez ce que représentent les sigles que vous avez brandis, qu’en pensez-vous ?

 » Ben, rien « , lâcheront-ils, perplexes, les uns après les autres.

En absence de preuve suffisante contre l’un des prévenus, le procureur a requis sa relaxe et six mois d’interdiction de stade contre les quatre autres. Jugement le 2 avril.

CATHY CAPVERT.